Un soda par jour pourrait-il suffire à
fragiliser durablement votre bouche ? De nouvelles données sur les
boissons sucrées questionnent nos habitudes et pointent un cancer
particulier, avec un risque loin d’être anodin.

Un soda glacé à la pause dej, un thé glacé en rentrant, une
boisson énergétique avant le sport : pour beaucoup de femmes, ces
gorgées sucrées rythment la journée. Des chercheurs américains ont
pourtant mis en lumière un lien inquiétant entre ces boissons et un
cancer bien précis, celui de la cavité buccale. L’étude cible des
femmes adultes suivies pendant plusieurs décennies. Et ce qu’elle
suggère donne envie de regarder sa canette autrement.

Boissons sucrées : ce que montre la grande cohorte
féminine

Les scientifiques ont analysé les données de plus de 160 000
participantes d’une vaste étude de type Nurses’ Health
Study, suivies pendant jusqu’à 30 ans. Environ 20 000 femmes
ont déclaré boire au moins une boisson sucrée par
jour
. Sur l’ensemble du suivi, 124 cancers de la bouche
ont été diagnostiqués, soit un risque multiplié par
cinq
par rapport à celles qui en buvaient moins d’une par
mois. Et ce sur-risque persiste même chez les non‑fumeuses et chez
celles qui boivent peu d’alcool.

Les auteurs restent prudents : leur travail montre une
association, pas une preuve de cause à effet. Ils n’ont pas mesuré
le sucre exact contenu dans chaque boisson, seulement la fréquence
déclarée de consommation. Pour expliquer ce lien, ils avancent
plusieurs pistes, comme le sirop de maïs à haute teneur en
fructose, souvent utilisé aux États‑Unis, déjà lié aux maladies des
gencives, ou encore le dérèglement du microbiote buccal et
l’inflammation chronique des muqueuses.

Cancer de la bouche : signes d’alerte
et prévention

Le tabac, l’alcool et le papillomavirus humain transmis lors de
rapports oraux restent les principaux facteurs de risque connus.
Mais là encore, cette étude suggère qu’une consommation régulière
de boissons très sucrées pourrait s’ajouter à la liste, y compris
chez des femmes qui ne fument pas. Car au fond, ce qui inquiète les
spécialistes, ce sont surtout les lésions qui ne guérissent pas et
passent souvent inaperçues pendant des semaines.

  • Aphtes ou plaies dans la bouche qui ne cicatrisent pas en trois
    semaines.
  • Gonflements, bosses ou dents qui se mettent à bouger.
  • Taches rouges ou blanches sur la muqueuse.
  • Mal de gorge persistant.
  • Douleur ou difficulté à avaler.

Les chercheurs prévoient d’étendre ce travail à des groupes plus
larges pour affiner les chiffres. En attendant, casser l’habitude
quotidienne, privilégier l’eau ou les infusions et consulter en cas
de lésion qui persiste restent des réflexes accessibles.

Sources