Sept personnes ont été interpellées au terme de cette manifestation «indépendante» et non déclarée qui se tenait dimanche sur une place du centre-ville de Marseille. Le lieu de mémoire de la rue d’Aubagne a également été dégradé.
L’édition 2026 du carnaval sauvage de la Plaine a fait de nombreux dégâts. Chaque année, cette manifestation «indépendante» et non déclarée rassemble des milliers de personnes sur la place Jean-Jaurès, le tout sous haute surveillance des forces de l’ordre.
Jusqu’à 14.000 personnes se sont ainsi mobilisées dans le centre-ville ce dimanche, certains jusqu’à tard dans la nuit malgré l’interdiction de manifester à partir de 19 heures. De quoi entraîner de nombreux débordements, dégradations et même de brefs affrontements avec des CRS spécialement déployés pour désengorger la place.
Quatorze policiers ont été légèrement blessés et sept personnes ont été interpellées au terme de la soirée, annonce la préfecture de police déléguée des Bouches-du-Rhône. Selon nos informations, plusieurs dizaines de grenades de désencerclement et des centaines de litres d’eau issues d’un véhicule antiémeute ont été utilisées pour repousser des manifestants, qui jetaient des projectiles et tiraient au mortier sur les policiers.
Dégradation du lieu de mémoire de la rue d’Aubagne
«À 21 heures, les effectifs de la Police nationale se sont positionnés sur la place Jean Jaurès. Des sommations ont été effectuées sur instruction préfectorale et les forces de l’ordre ont procédé à la manœuvre d’évacuation», détaille la préfecture de police. «Les forces de l’ordre ont fait face à quelques tirs de mortiers et ont dû faire usage d’un engin lanceur d’eau et de gaz lacrymogènes», ajoute-t-on, précisant que les derniers manifestants ont été totalement dispersés aux alentours de 22 heures 30.
Sur place, le mobilier urbain et plusieurs caméras de vidéosurveillance ont été dégradés à l’issue des festivités, indique une source policière. Fait inédit, la ville de Marseille indique qu’elle s’apprête à déposer plainte suite à des actes de vandalisme visant le lieu de mémoire de la rue d’Aubagne, situé à quelques minutes à pied de la Plaine. «Le lieu ressource de la rue d’Aubagne est un lieu de mémoire qui doit être respecté. Huit d’entre nous y ont perdu la vie. Sa dégradation est inacceptable», a indiqué Benoît Payan (DVG) sur X.
De nombreuses vidéos mettant en scène des tirs de mortiers d’artifice et des affrontements avec les forces de l’ordre ont été diffusées en ligne. L’évènement est régulièrement critiqué par les riverains de la Plaine, rassemblés autour d’un collectif, déplorant les dégradations annuelles de leur lieu de vie. L’an dernier, les festivaliers ont entraîné pour 100.000 euros de dégâts matériels et provoqué la mobilisation exceptionnelle du personnel de nettoyage de la métropole d’Aix-Marseille-Provence.
«Ces scènes d’émeute autour du carnaval de la Plaine sont insupportables. Je pense aux riverains qui m’envoient ces vidéos, et qui subissent ! Ces auteurs de violences n’ont rien de carnavaliers, ni de Marseillais. Ils se croient indignés mais ne sont qu’indignes», a réagi Romain Simmarano (DVD), récemment élu conseiller municipal d’opposition aux côtés de Martine Vassal.