Les chênes, les érables, les hêtres, les châtaigniers étaient les enfants qu’elle n’a pas eus. Comme une mère, elle a passé sa vie à veiller sur ses protégés. Mission accomplie Lucienne Haèse;;;
Vous êtes partie dans votre sommeil, j’ai lu que depuis la fenêtre de votre chambre d’hôpital vous aperceviez les cimes.
Que joli point de vue pour fermer vos paupières.

Comment cette ancienne ouvrière est elle devenue une figure engagée dans la défense des arbres ?

En revenant chez elle en Saône-et-Loire après avoir travaillé comme comptable en région parisienne. Nous sommes dans les années 70 et Lucienne ne reconnait plus les paysages de sa jeunesse.
Des coupes rases ont transformé sa forêt, des pins Douglas ont remplacé les essences de son enfance.
Elle retrouve un emploi dans l’usine de parapluie Neyrat, et dès qu’elle a un moment de libre, elle bataille contre la déforestation et la monoculture intensive des résineux.
Lucienne la comptable devient Lulu la militante. Elle a alors une idée : le rachat de parcelles menacées par des habitants.
En 2003, le Groupement forestier des feuillus du Morvan est fondé. 23 ans plus tard, 28 forêts de 4 départements sont détenues par des particuliers. Près de 500 hectares boisés sont devenus intouchables.

C’est un livre-plaidoyer qui révèle sa fougue au grand public

« Mon combat pour les forêts vivantes » parait aux Editions Stock en 2024. La presse se prend d’affection pour cette écologiste aussi ronde que déterminée, aux cheveux blancs et frisés, souvent vêtue de chandails colorés et qui couvre de baisers l’écorce des arbres.

Les auditeurs du 13/14 de France Inter font sa connaissance le 22 janvier 2025.

Trop faible pour entreprendre le voyage jusqu’à Paris, Lucienne Haèse se rend au studio d’Ici Bourgogne à Dijon pour une interview en duplex avec vous Jérôme ! Elle fait la route dans la voiture de ses amis Jean et Françoise.
On découvre au micro une femme de tempérament, franche et modeste
Sur Facebook, son association de coeur, Autun Morvan écologie, a écrit : »Lucienne a rejoint la canopée.

Elle est partie après s’être assurée que ses oiseaux seraient toujours aussi bien nourris, que ses chats seraient tellement gavés qu’ils en deviendraient végétariens, que le renard trouverait toujours refuge sur ce territoire et que la glycine continuerait à engloutir le béton du poteau électrique qui borne la propriété ».

A mon tour de m’adresser à vous Lucienne… Merci d’avoir été notre invitée malgré la maladie.
A nous de cheminer sans vous à travers bois sur les sentiers botaniques comme celui que les élèves de CM2 de l’école Bouteiller d’Autun ont baptisé  » Lulu du Morvan »