Dans sa première prise de paroles depuis sa nomination il y a un mois, la ministre de la Culture a concédé que le chantier souhaité par Emmanuel Macron devait être « aménagé » au vu des enjeux de sécurité et de conservation.
Plus d’un mois après sa nomination au ministère de la Culture, Catherine Pégard a accordé sa première interview à France Inter, lundi matin. Premier tour de chauffe, donc, pour cette personnalité prudente qui a ouvert la discussion sur plusieurs sujets, sans jamais vraiment les refermer. Si sa prédécesseur Rachida Dati était la reine des « punchlines » et des combats, la nouvelle ministre veut visiblement imprimer une autre marque. « Chaque ministre a sa personnalité. Je ne suis pas l’anti-Dati », se borne-t-elle à expliquer.
Cinq mois après le vol spectaculaire de huit bijoux au Louvre, « un choc mondial » a admis la ministre, il faut « ouvrir une nouvelle page » pour le musée. Avec le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, « nous allons travailler à un nouveau circuit de visite, avec de nouvelles entrées », a expliqué la ministre, confirmant que le projet Louvre Nouvelle Renaissance, voulu par le président de la République, n’était pas enterré. L’ambition « conserve sa nécessité pour que le Louvre soit présent dans le XXIe siècle », a expliqué Catherine Pégard.
Catherine Pégard, une fidèle nommée en remplacement de Rachida Dati comme ministre de la Culture
La présidentielle pour horizon
Présenté en janvier 2025, il pourrait toutefois être « aménagé ». « On va travailler à aménager certains aspects du plan et à en renforcer d’autres, à préciser le cahier des charges », a affirmé la ministre. L’objectif resterait le même : intégrer davantage les questions de sûreté et de sécurité, tout en ouvrant davantage le Louvre.
Évalué à un milliard d’euros (dont la moitié consacrée à des opérations de mise aux normes), le Louvre Nouvelle Renaissance prévoit une nouvelle entrée, ainsi que le creusement de plusieurs salles sous la Cour carrée – dont une de 3 000 mètres carrés pour la Joconde. Il devait en principe aboutir en 2031.
On ne sait cependant pas comment le projet peut être « remanié », sachant que cinq groupements d’architectes ont déjà rendu un projet de candidature et attendent la convocation du jury Louvre Nouvelle renaissance pour désigner un lauréat. Le jury devait se réunir en février, mais la réunion avait été reportée sine die. Si ce projet présidentiel doit se faire, sous une forme ou une autre, il faut trouver une nouvelle date avant l’été. Après quoi, la perspective de la présidentielle va rebattre toutes les cartes et rendre l’avenir du projet d’Emmanuel Macron incertain.
D’ici là, la ministre devra monter au créneau pour le budget 2027, qui devrait à nouveau être contraint. « On y travaille, on essaie de grappiller ici ou là quelques subventions supplémentaires », a-t-elle simplement indiqué. De fait, Catherine Pégard n’aura pas beaucoup de temps pour faire avancer ses pions, la présidentielle de 2027 allant s’inviter rapidement. « J’en ferai une année utile pour la culture », a-t-elle promis.