Classe de primaire

Classe de primaire

Crédit : Dolorès CHARLES

Ils s’opposent aux fermetures de classes, aux suppressions de postes, et aux coupes budgétaires : des enseignants seront en grève, ce mardi 31 mars, un peu partout dans l’Ouest, comme dans toute la France, à l’appel de l’ensemble des syndicats de l’Education nationale. Le ministère met en avant la baisse démographique – la baisse du nombre d’élèves – mais les suppressions de postes d’enseignants dans les académies de Rennes et de Nantes sont parmi les plus importantes en France, et touchent tous les niveaux.

 

 Les académies de l’ouest paient leurs bons résultats 

 

Pour Mathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU Rennes, paradoxalement, les académies paient leurs bons résultats : en effet « du fait de nos bons résultats, l’Académie de Rennes est toujours un peu première de la classe. Il y a une forte réussite scolaire, et ela a toujours été depuis 25 ans au moins, et comme l’attribution des moyens se fait sur cette base, l’Académie de Rennes doit rendre des emplois : donc 131 emplois sont rendus pour 2 200 élèves en moins. Cela touche particulièrement les collèges.

Il y a un consensus dans la communauté éducative et au-delà pour dire qu’il faut diminuer le nombre d’élèves dans les classes, même la Cour des comptes a sorti un rapport qui indique qu’on devrait profiter de la baisse démographique pour améliorer les taux d’encadrement, car en France, on est le pays d’Europe où on a le plus d’élèves par classe en collège. »

Mathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU RennesMathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU Rennes

Crédit : Yann Launay

Pour Mathieu Mahéo, c’était au contraire l’occasion de faire (un peu) baisser le nombre d’élèves par classe, et de mieux accompagner les élèves, pour préparer l’avenir : « toutes les études de l’INSEE, de la Cour des comptes, de l’OCDE, toutes les études montrent que la France aurait tout intérêt à investir massivement dans l’éducation premier & second degré pour avoir des enfants mieux formés et mieux insérés dans la société pour faire face à tous les défis qui nous attendent et ils sont nombreux.

 

« On est en train de sacrifier la jeunesse »

 

Mais le choix qui est fait maintenant, c’est d’arbitrer en défaveur de l’éducation parce qu’il y a d’autres urgences. Là, on est en train de sacrifier la jeunesse aux urgences du présent, c’est une politique à courte vue qu’il faut impérativement revoir. »

Mathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU RennesMathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU Rennes

Autre urgence : l’agressivité, les violences entre élèves et vers les personnels, qui reflètent le mal-être des plus jeunes. « On le voit bien depuis la crise sanitaire qu’on a des jeunes qui ne vont pas bien, constate Mathieu Mahéo.

 

« L’école doit être un lieu de protection »

 

On le voit dans nos classes, dans nos établissements, des élèves qui sont de plus en plus stressés, soumis à toutes les tensions qui peuvent exister sur les réseaux sociaux. L’école doit être un lieu de protection, d’accompagnement des élèves, de prise en charge des difficultés quand il y en a, et ça passe par davantage de psychologues dans l’éducation nationale, davantage d’infirmiers, d’assistants sociaux, d’adultes dans les établissements pour mieux encadrer les élèves. C’est ce qui est nécessaire pour faire face aux difficultés qui peuvent exister sur le climat scolaire. »

Mathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU RennesMathieu Mahéo, professeur en lycée et secrétaire académique SNES-FSU Rennes