« Au Liban, j’ai ordonné à l’instant d’étendre davantage la zone de sécurité existante », a déclaré le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, dimanche, après la mort d’un cinquième soldat israélien alors que les combats contre le Hezbollah font rage au sud du pays.
L’armée israélienne poursuit ses raids aériens : une cinquantaine de villages frontaliers ont été ciblés au cours du week-end. Des obus au phosphore auraient été utilisés. Des ambulances ont été visées. Selon le ministère de la Santé, 52 secouristes et infirmiers ont été tués depuis le début de la guerre. Samedi, trois journalistes ont par ailleurs perdu la vie dans une frappe israélienne.
Plus rien ne semble freiner la détermination d’Israël dans sa lutte contre la milice chiite. Les troupes israéliennes avancent en profondeur en territoire libanais, pour « éloigner les tirs de missiles antichars » et empêcher les tentatives du Hezbollah « de s’implanter le long de la frontière ».
De son côté, le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes, dressant chaque jour le décompte de ses offensives. Le Parti de Dieu tire des salves de roquettes vers le nord d’Israël, visant des postes de commandement de Tsahal, des groupes soldats, ainsi que des chars Merkava déployés dans les localités du sud du Liban.
Un million de déplacés
Le bilan humain s’alourdit de jour en jour. Depuis la reprise des hostilités le 2 mars, le Liban déplore au moins 1.247 morts, 3.680 blessés et plus d’un million de déplacés, après l’attaque du Hezbollah contre l’Etat hébreu, menée en représailles à la mort d’Ali Khamenei en Iran.
Les Casques bleus ne sont pas épargnés par les combats. L’un d’entre eux a été tué dimanche par l’explosion d’un « projectile d’origine inconnue ». Le lendemain, un second soldat de la paix est mort et plusieurs autres blessés lors d’une nouvelle explosion dans le sud du Liban.
« Nous ne connaissons pas l’origine du projectile. Nous avons ouvert une enquête pour déterminer toutes les circonstances », précise la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans un communiqué, signalant que ses positions avaient été touchées à plusieurs reprises au cours des combats. Un peu plus tard dans la journée, un soldat de l’armée libanaise a été touché mortellement et deux autres blessés, lors d’une frappe israélienne visant leur position aux abords de Tyr, grande ville côtière du sud du pays.
Entraîné dans une nouvelle guerre, le pays du Cèdre s’enfonce dans une spirale de violence, à tous les niveaux, politique comme militaire, malgré les efforts déployés par le gouvernement pour contenir l’escalade. L’Etat libanais fait désormais face à une guerre ouverte menée par la milice chiite pro-iranienne.
L’ambassadeur d’Iran refuse de quitter Beyrouth
Le 16 mars, le vice-président du conseil politique du Hezbollah, Mahmoud Comati, a comparé le gouvernement libanais à celui de Vichy, estimant que ses membres « méritaient le même sort en raison de son manque de soutien à la Résistance ». Ajoutant que le « Hezbollah est en mesure de renverser le gouvernement et le fera une fois la guerre terminée ».
La semaine dernière, un missile balistique iranien, visant probablement l’ambassade des Etats-Unis, a été intercepté dans le ciel de Beyrouth. Certains observateurs y voient « un sérieux avertissement iranien » face au durcissement de la position du Liban, alors que Beyrouth a exigé le départ de tous les Iraniens membres des Gardiens de la révolution.
Le 26 mars, Wafiq Safa, membre du conseil politique du Hezbollah, a pour sa part déclaré que son parti contraindrait le gouvernement, « quel que soit le moyen », à revenir sur sa décision de rendre illégales les activités militaires du Hezbollah et de renvoyer l’ambassadeur d’Iran, à qui les autorités libanaises avaient donné jusqu’à dimanche pour quitter le pays. Celui-ci ne partira pas. Le ministère des Affaires étrangères Iranien a en effet indiqué que « l’ambassadeur iranien à Beyrouth poursuivra ses fonctions ».
Considérée par certains comme un nouvel affront au gouvernement, cette annonce a suscité une réaction immédiate du président Joseph Aoun, qui a sévèrement mis en garde : « La main qui menace la paix civile sera tranchée », a-t-il déclaré lundi après-midi. « Autrement dit, le Liban officiel entre en guerre avec l’Iran, de facto pays ‘occupant’ disposant de soldats sur le terrain, au même titre qu’Israël », confie aux Echos, une source sécuritaire libanaise.