L'apnée du sommeil est "complètement sous-estimée" selon ce pneumologue : quand faut-il consulter ?

La majorité des personnes touchées par l’apnée du sommeil ne le savent pas.

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18 %. C’est la proportion estimée des Français qui sont touchés par l’apnée du sommeil. Une maladie « complètement sous-estimée », d’après le Dr Frédéric Le Guillou,  pneumologue-allergologue et président de l’association Santé respiratoire France. L’apnée du sommeil est aussi sous-diagnostiquée : « quasiment 70 % des cas ne sont pas diagnostiqués. Il y a à peine 30 % des gens qui devraient être traités qui le sont », regrette le spécialiste. 

Les patients peuvent en effet passer des années à ne pas se rendre compte que pendant la nuit, ils font des apnées du sommeil. Surtout s’ils dorment seuls : « C’est souvent le conjoint qui s’en rend compte et qui le signale », nous explique le Dr Le Guillou. Si les personnes touchées ne peuvent pas réaliser qu’ils font des pauses respiratoires pendant la nuit, d’autres signes doivent alerter et pousser à consulter. 


© 123RF

L’apnée du sommeil est généralement à l’origine de nombreux symptômes, d’abord pendant la nuit : ronflements forts et quotidiens, sommeil agité, sensations d’étouffement pendant la nuit, plusieurs réveils pour uriner… Mais l’apnée du sommeil a aussi des conséquences qui se ressentent en journée : fatigue et somnolence, maux de tête le matin, troubles de la concentration et de la mémoire, ou encore baisse de libido. Face à plusieurs de ces signes – surtout en présence de facteurs de risque comme le surpoids ou l’obésité – il est essentiel de consulter un professionnel rapidement, insiste le Dr Le Guillou. Pour savoir si vous souffrez d’une somnolence anormale, vous pouvez faire le test d’Epworth en quelques clics. 

L’apnée du sommeil ne doit en effet pas être prise à la légère : elle a des impacts majeurs sur la santé. « C’est le plus gros facteur de risque cardiovasculaire », devant l’hypertension ou encore le cholestérol, alerte le pneumologue. L’apnée du sommeil « multiplie par trois le risque d’infarctus et d’AVC », et augmente le risque de dépression ou encore d’accidents de la route ou du travail.

Heureusement, des traitements existent pour limiter l’impact de la maladie. Ils sont réservés aux patients atteints d’une forme sévère d’apnée du sommeil, ou une forme « moyenne » mais qui a d’importants retentissements ou chez les personnes qui ont aussi une maladie cardiaque sévère. Mais pour bénéficier du traitement, un diagnostic est indispensable. Comment se passe-t-il concrètement ? 

« Généralement le patient est adressé par un médecin généraliste. Ensuite, un enregistrement du sommeil est réalisé par un professionnel de santé formé », comme un pneumologue. Dans la majorité des cas, c’est un examen appelé polygraphie ventilatoire qui est réalisé, à la maison. Différents capteurs respiratoires sont installés par le professionnel de santé, puis le patient rentre dormir chez lui. Parfois, un autre examen plus poussé appelé polysomnographie est nécessaire : il peut aussi être réalisé à domicile. Ces tests détermineront la sévérité de l’apnée du sommeil, et si un traitement est nécessaire. Deux traitements principaux, portés la nuit, existent : l’orthèse mandibulaire (des gouttières) ou l’appareil appelé PPC (pression positive continue). En France, près de 2 millions de personnes sont traitées avec cette machine.