L’aéroport de Rennes n’est décidément pas au meilleur de sa forme. En 2025, le conseil régional de Bretagne, propriétaire de l’équipement, a dû mettre 700 000 euros pour renflouer les caisses, selon des éléments révélés par le média l’Informé, que nous sommes en mesure de confirmer.

L’infrastructure est gérée pour le compte de la Région par la Seard, une société associant Vinci et la CCI d’Ille-et-Vilaine. Celle-ci a passé le trou d’air du covid sans soutien de la collectivité, grâce à des réserves accumulées pendant les années fastes. Mais en 2023 et 2024, la fréquentation de l’aéroport a diminué et les recettes avec. Une chute enrayée en 2025, grâce à la stabilisation du nombre de passagers autour de 500 000. Pas suffisant pour redresser les comptes.

Dès juin 2025, Mickaël Quernez, vice-président aux transports, prévenait qu’un « seuil » avait été atteint. « Au moment où je vous parle, le contrat qui nous lie avec la Seard n’a pas bénéficié de fonds publics. Aujourd’hui, on arrive à un moment critique car les réserves ont été consommées. » La Région, qui n’entend pas éponger longtemps les pertes vu sa propre situation budgétaire, laisse planer un avenir sombre pour l’aéroport de Rennes. À l’image de celui de Quimper, où elle a pris la décision de mettre fin aux vols commerciaux réguliers ?

« Le potentiel est fort »

On n’en est pas là. L’actuel gestionnaire continue d’afficher son optimisme pour 2026 et pointe l’ouverture de plusieurs lignes susceptibles de relancer le trafic. D’ici la fin du printemps, un nouvel exploitant doit être désigné, le contrat de concession arrivant à échéance. Vinci et la CCI sont de nouveau sur les rangs, associés cette fois à la Sealar, qui gère d’autres aéroports régionaux. Selon l’Informé, Eiffage, déjà présent à Toulouse-Blagnac et Lille-Lesquin, aurait également fait une offre.

L’objectif du prochain pilote est inscrit dans le cahier des charges : atteindre le million de passagers idéalement dès 2031. Ce, dans un contexte de concurrence féroce exercée par l’aéroport de Nantes, qui propose un nombre bien plus grand de destinations. Avec 7,2 millions de passagers l’année dernière, le voisin ligérien joue dans la cour des grands et attire les compagnies low cost grâce à des avantages fiscaux. « Il y a aujourd’hui des marques d’intérêt [pour le contrat de concession rennais, NDLR], notait Mickaël Quernez il y a quelques mois. C’est donc que le potentiel de cet aéroport est fort. »