La Fédération royale marocaine de
football pourrait bien s’en mordre les doigts. Un prodige
binational est en train d’exploser sous les couleurs néerlandaises,
confirmant les craintes des supporters des Lions de l’Atlas de voir
un nouveau talent leur échapper.
Ces dernières années,
le Maroc a fait de la traque des binationaux une véritable
spécialité, réussissant à convaincre une multitude de jeunes
talents d’opter pour les Lions de l’Atlas. Pourtant, si cette
dynamique globale est extrêmement positive pour la sélection
maghrébine, quelques rares dossiers
viennent encore rappeler le cuisant échec Lamine Yamal.
En ce moment, un jeune ailier virevoltant,
doté d’un pied gauche ravageur et d’une créativité folle, est en
train de gravir les échelons à une vitesse fulgurante sous les
couleurs des Pays-Bas. Loin des appels du pied des supporters
marocains, cette pépite s’épanouit pleinement dans le projet
néerlandais, comme il l’a prouvé de manière éclatante ce lundi lors
d’un derby chez les Espoirs.
Ayoub Oufkir a déjà tout d’un grand
Ce phénomène n’est autre qu’Ayoub Oufkir.
Aligné face à la Belgique U21 (victoire 2-1), le petit prodige a
livré un véritable récital pour sa première titularisation avec les
Jong Oranje
de Michael Reiziger. Intenable sur son côté, il a d’abord délivré
une passe décisive millimétrée sur corner pour l’ouverture du score
de Devin Haen dès la 13e minute. Peu après la demi-heure de jeu, il
a fait parler toute sa classe en plantant le but du break (37e) au
terme d’un mouvement d’école conclu avec lucidité. Élu homme du
match sans aucune contestation, il valide avec brio sa montée en
puissance internationale.
Cette prestation de haute volée vient
couronner une saison exceptionnelle. Déjà sacré champion d’Europe
U19 avec les Pays-Bas en 2025 sous le regard bienveillant d’Ibrahim
Afellay, l’attaquant de 20 ans rayonne aujourd’hui à l’AZ Alkmaar,
qui a déboursé 5 millions d’euros en janvier pour l’arracher au
Sparta Rotterdam. S’il impressionne les observateurs par sa
technique rappelant un « petit Ziyech », Oufkir puise
surtout sa force mentale dans une histoire personnelle poignante.
Il est ultra motivé sur le terrain pour faire honneur à son petit
frère, cloué en fauteuil roulant suite à un tragique accident de
voiture familial survenu il y a huit ans.
Le Maroc n’a peut-être pas dit son
dernier mot
Comment expliquer que le Maroc laisse
filer un tel potentiel offensif ? La réalité du dossier est
étonnamment simple : la FRMF n’a encore jamais pris contact avec le
joueur. Bien qu’il clame régulièrement son attachement viscéral à
sa patrie d’origine où il passe l’essentiel de ses vacances, Ayoub
Oufkir trace logiquement sa route dans la fédération qui lui
accorde de l’importance et du temps de jeu.
Parfaitement intégré et valorisé au sein
de la sélection batave, il s’éloigne logiquement de la sélection
nord-africaine. Si les instances marocaines souhaitent inverser la
tendance et éviter un nouveau regret éternel, il va falloir agir
très rapidement. Tant qu’il n’a pas honoré de cape en match de
compétition avec la sélection A des Oranje, Oufkir reste
« sélectionnable » avec les Lions de l’Atlas.