Un commando masqué a dérobé en pleine nuit trois chefs-d’œuvre dans la villa-musée de la Fondation Magnani-Rocca, près de Parme. L’opération éclair, menée en quelques minutes, a déclenché une vaste enquête des carabiniers spécialisés dans le trafic d’art.

Publié le 30/03/2026 18:30

Temps de lecture : 3min

La Fondation Magnani-Rocca, à Mamiano di Traversetolo près de la ville de Parme, en Italie, le 16 octobre 2009. (PROCIP / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)

La Fondation Magnani-Rocca, à Mamiano di Traversetolo près de la ville de Parme, en Italie, le 16 octobre 2009. (PROCIP / ROBERT HARDING HERITAGE / AFP)

Des œuvres estimées à plusieurs millions d’euros ont disparu. Trois tableaux d’Auguste Renoir, Paul Cézanne et Henri Matisse ont été dérobés fin mars dans un musée situé près de Parme, dans le nord de l’Italie, ont déclaré dimanche 29 mars le musée et les carabiniers, les gendarmes italiens.

Dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 mars, quatre individus masqués se sont introduits dans la villa de la Fondation Magnani-Rocca, à Mamiano di Traversetolo, dans la campagne de la plaine du Pô. L’information, confirmée par un porte-parole des carabiniers à l’AFP, avait d’abord été révélée par la Rai, la télévision publique italienne. Voici ce que l’on sait de ce vol qui fait écho au cambriolage du Louvre, en octobre dernier.

Le vol a duré moins de trois minutes

Tout s’est joué très vite. Les voleurs ont agi « en moins de trois minutes, sans improviser, de façon structurée et organisée », a détaillé la Fondation Magnani-Rocca à la chaîne italienne SkyTG24. Après avoir forcé la porte principale, les cambrioleurs ont dérobé trois œuvres avant de s’enfuir à travers le parc du musée, d’après les carabiniers.

Les tableaux étaient regroupés dans une même salle thématique consacrée à l’art français, située à l’étage de la fondation, selon le quotidien italien Gazzetta di Parma. Le commando, composé de quatre personnes, a réussi à s’emparer de trois tableaux, mais n’a pas pu « aller au bout » du vol, « grâce à l’activation des systèmes de surveillance et à l’intervention extrêmement rapide de la sécurité et des carabiniers », précise encore le musée. Cela laisse supposer que d’autres œuvres étaient aussi visées.

Une enquête menée par une unité spécialisée

Les quatre voleurs sont toujours en fuite. Selon la chaîne SkyTG24, la fondation s’est pour l’instant limitée à un bref communiqué en raison des « exigences impératives des enquêteurs ». Une enquête a été ouverte par les forces de l’ordre italiennes et notamment confiée à une unité spécialisée dans la lutte contre le trafic d’œuvres d’art, selon la Gazzetta di Parma. Elle exploite notamment des images de vidéosurveillance du musée ainsi que d’habitations et commerces voisins, a rapporté le porte-parole des carabiniers.

Des œuvres d’une valeur artistique inestimable

Selon la presse italienne, les voleurs ont emporté trois toiles majeures : Les Poissons (1917) d’Auguste Renoir, œuvre tardive du maître impressionniste, qui vaut à elle seule 9 millions d’euros, selon le quotidien La Stampa ; Nature morte aux cerises (1885-1887) de Paul Cézanne, figure clé du post-impressionnisme et précurseur du cubisme ; Odalisque sur la terrasse (1922) d’Henri Matisse, emblématique du fauvisme. L’ensemble est estimé à 11 millions d’euros, d’après La Stampa.

A une vingtaine de kilomètres de Parme, la Fondation Magnani-Rocca, créée en 1977, abrite dans sa « villa des chefs-d’œuvre » l’importante collection réunie par l’historien de l’art Luigi Magnani (1906-1984). On y découvre notamment des œuvres d’Albrecht Dürer, Peter Paul Rubens, Antoine Van Dyck, Francisco de Goya, Claude Monet, ainsi que des artistes italiens tels que Giorgio de Chirico, Giorgio Morandi et Tiziano Vecellio, dit Titien.