« Quels aliments dois-je enlever et lesquels dois-je rajouter pour faire un repas équilibré ? » Devant des assiettes d’aliments fictifs, des passants viennent se prêter au jeu pour tester leurs connaissances en nutrition.
Au sein de l’hôpital Emile-Roux du Puy-en-Velay, différents professionnels de santé tiennent un stand pour informer sur la maladie, ses risques et comment trouver des solutions pour l’endiguer.
Depuis 2011, au sein de l’établissement de santé, 180 patients entrent chaque année dans un parcours personnalisé pendant un an. En 2024, près de 18 % des Altiligériens se trouvaient en situation d’obésité, des chiffres similaires à la moyenne nationale.
Des patients qui viennent de loin pour le programme
Stéphanie Verret, cheffe des services d’endocrinologie, diabétologie, nutrition, obésité de l’hôpital, coordonne le programme avec des psychologues, des infirmières, des diététiciennes et un chirurgien. « L’épidémie d’obésité s’aggrave, déplore la responsable. À cause de plusieurs facteurs : la sédentarité, la malbouffe, le fait que la nourriture est disponible en permanence. Et avec l’obésité, il y a le développement de maladies cardio-vasculaires, mais aussi un risque important de faire du diabète. »
Devant le stand, un couple originaire d’Araules, semble intéressé par le programme. Jean reconnaît avoir faim. « Moi, ça peut m’intéresser parce que j’ai déjà tenté les régimes. J’ai essayé de mourir de faim, mais ça ne marche pas, plaisante-t-il. Je connais plusieurs personnes qui ont suivi le programme, je sais que ça fonctionne. »
Le programme en question se compose d’examens, de consultations individuelles, de séances collectives dont découle un suivi personnalisé. Le parcours possède un tel succès que des patients viennent de loin, parfois de Lozère ou d’Ardèche pour l’intégrer.
« J’ai mis beaucoup de choses en place au quotidien »
Stéphanie Boyer a bénéficié de ce programme et vient de terminer le parcours. Cette habitante de Bas-en-Basset de 42 ans a pris du poids progressivement pour atteindre 135 kilos. Un burn-out, un arrêt maladie l’ont fait perdre confiance en elle.
Bien entourée avec le programme Nutrition Obésité, elle a retrouvé une motivation. « J’ai rencontré une équipe très bienveillante, qui trouve toujours le petit truc positif pour nous remonter le moral. On ne sent pas jugés. »
Après un an, la quadragénaire ne retient que du bon du programme. « J’ai stabilisé mon poids. J’ai mis beaucoup de choses en place au quotidien, un peu d’activité physique, même si c’est compliqué pour moi. Je sais que je vais y arriver. J’ai déjà perdu 10 cm de tour de taille. »
Le temps sur les écrans augmente, les heures de sommeil diminuent
Au fil des années, les professionnels de santé du programme ont vu des dégradations du taux de l’obésité, avec une accélération depuis l’apparition du Covid. « Au fil du temps, on se rend compte que le temps sur les écrans augmente, que les heures de sommeil diminuent. Et que fait-on quand on est plus souvent éveillé ? On mange davantage », regrette Aurélie Bonnefoy, infirmière au sein du programme Nutrition Obésité.
Sur les 180 personnes accueillies chaque année, seule une vingtaine vont jusqu’à l’étape de la chirurgie bariatrique, la sleeve, qui consiste à réduire la taille de l’estomac ou le by-pass gastrique.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, le nombre de personnes en obésité pourrait doubler en 2030 pour atteindre 20 millions de personnes, une tendance qui ne devrait pas épargner le département de la Haute-Loire.