Ce pétrolier sous sanctions s’apprêtait lundi soir à parvenir au port de Matanzas.
Le pétrolier russe Anatoly Kolodkin était sur le point de parvenir, lundi 30 mars dans la soirée, dans le port de Matanzas, près de la Havane, selon les données transmises par son système d’identification automatique (AIS). Il naviguait à la vitesse de 14 nœuds, avec 730.000 barils de pétrole brut pour l’île qui subit un blocus des États-Unis.
Cet Aframax de 249.9 mètres de long et 118.316 tonnes de port en lourd, construit en 2013, appartient à une société enregistrée à Dubaï. Il figure sur la liste des navires sous sanctions aussi bien des États-Unis que du Royaume-Uni, de l’Union européenne, du Canada et de la Suisse. Curieusement, les États-Unis ne se sont manifestement pas opposés à l’entrée dans les eaux cubaines du navire qui a chargé du pétrole à Primorsk, près de Saint-Pétersbourg, le 8 mars. D’après le New York Times, qui a cité une note officielle, l’administration Trump l’aurait autorisé à poursuivre sa route.
Depuis le mois de janvier et l’opération américaine au Venezuela, qui était le principal fournisseur de Cuba, l’île n’a plus reçu de livraison de pétrole. À court pour alimenter ses centrales thermiques, l’île est soumise à de fréquentes coupures d’électricité. Il faudrait entre 15 et 20 jours pour raffiner le pétrole et encore 5 à 10 jours pour distribuer les produits raffinés dont on ignore quelle sera la destination.
Depuis le début d’une campagne lancée en décembre 2025 contre la « flotte fantôme » transportant du pétrole pour le Venezuela, les États-Unis ont intercepté au moins neuf tankers, essentiellement en mer des Caraïbes, mais aussi dans l’Atlantique Nord et dans l’océan Indien. Celle-ci a été précédée, depuis début septembre 2025, par une série de frappes sur des embarcations accusées de transporter de la drogue vers les États-Unis.
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