Au Patio sur le campus de Strasbourg, c’était l’une des toutes dernières répétitions de l’Orchestre universitaire avant les concerts de fin de saison. Ce mardi 6 mai, dans ce cadre familier pour les étudiants, entre couloirs d’amphis et coursives vitrées, les coulisses de l’orchestre se dessinent sans artifice. Florian Maurer, le président de l’Orchestre universitaire, accompagne cette formation unique en son genre, composée de 85 musiciens bénévoles. « La majorité sont étudiants ou anciens étudiants de l’Université de Strasbourg. On a également des étudiants en échanges internationaux qui viennent d’Espagne, d’Allemagne ou même du Japon. On y retrouve toutes les disciplines : droit, lettres, médecine, art, sciences… Ce brassage crée une diversité très forte », souligne-t-il.

Les musiciens arrivent peu à peu. Des groupes se forment, les discussions vont bon train. Au milieu des rires, on accorde un violon ici, on cherche un archet là. L’ambiance est détendue, presque festive. Et puis, presque sans qu’on s’en rende compte, tout s’ordonne : les pupitres s’installent, les sièges se positionnent, chacun rejoint sa place. Le tumulte laisse place au calme. En quelques minutes, la salle vide devient salle d’orchestre.

Des échanges légers aux accords sérieux

Ce qui frappe, c’est la complicité. Loin d’un univers figé ou élitiste, l’orchestre respire la vie associative et la passion. « Ici, personne n’est rémunéré, chacun ramène son propre instrument. On est tous là par choix, par envie de jouer ensemble », insiste Florian Maurer. « Ce sont des étudiants, mais on joue des œuvres exigeantes »

Les concerts des 15, 16 et 18 mai donneront la pleine mesure de ce travail. Au programme : Le Faune et la bergère de Stravinsky, chanté par la mezzo-soprano ukrainienne Nicole Chirka, habituée des grandes maisons d’opéra européennes, suivi de la Suite Pulcinella du même compositeur, enfin la Symphonie n°  5 de Tchaïkovski. Trois œuvres qui invitent à un voyage sensoriel et émotionnel, du symbolisme russe au théâtre burlesque italien, jusqu’à l’introspection romantique.

Les deux premiers concerts seront donnés au Palais des fêtes de Strasbourg jeudi 15 et vendredi 16 mai à 20 h. Le dernier, le dimanche 18 mai à 17 h, se tiendra au Palais universitaire, bâtiment emblématique du campus historique. L’entrée est libre, dans la limite des places disponibles, mais mieux vaut arriver tôt, une affluence de près de 1900 personnes est attendue.

Une scène locale… avant l’Europe

Cette série de concerts marquera aussi le lancement d’une tournée européenne, qui emmènera l’orchestre à Leipzig, Berlin et Prague. Là, les étudiants strasbourgeois partageront l’affiche avec d’autres orchestres universitaires, dans une logique de coopération culturelle. « L’ADN européen est très fort dans notre projet », rappelle Florian Maurer.

Ce soir-là, dans la salle du Patio, la répétition se poursuit avec légèreté. Dans cette musique partagée se dégage un sentiment de camaraderie sincère. Par-delà les différences de parcours, d’âge ou de langue.

Jeudi 15 mai à 20 h et vendredi 16 mai à 20 h au Palais des fêtes, 4, rue de Phalsbourg, Strasbourg et dimanche 18 mai à 17 h au Palais universitaire, 9, place de l’Université, Strasbourg. Entrée gratuite, sans réservation. Plus d’informations sur : ous.unistra.fr