Par

Zoe Hondt

Publié le

30 mars 2026 à 11h40

Dans le box des prévenus, un homme tout juste majeur affiche encore les stigmates de son interpellation musclée. Jugé au tribunal de Lille (Nord), mardi 24 mars 2026, il est mis en cause pour vol par effraction, violence sur un fonctionnaire de la police et rébellion. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 mars 2026, à Lille : entré par effraction chez un autre, il avait subtilisé une grande quantité de matériel informatique. Manque de chance, la victime s’est réveillée et a prévenu la police. Le cambrioleur, en fuite, a finalement été retrouvé rapidement. Il avait oublié un détail important. Récit.

Interpellation musclée pour le prévenu qui nie les faits 

Il est 5h50, le 20 mars 2026, lorsque la police est prévenue d’un vol par effraction à Lille. La victime est un homme. Réveillé au milieu de la nuit, il tombe nez à nez avec un individu qui tente de voler son téléphone. Trop tard, le cambrioleur s’enfuit avec un complice. À eux deux, ils ont volé, entre autres, trois ordinateurs, une tablette, une enceinte et plusieurs téléphones. Aussitôt, la victime alerte la police et géolocalise ses appareils électroniques. Le butin et un individu sont rapidement retrouvés, mais à la vue de la police, ce dernier s’enfuit « par les toits » avec le téléphone qu’il vient de voler. Il sera retrouvé « en caleçon, caché au fond d’une poubelle« .

S’ensuit une interpellation musclée : alors qu’une agente de la BAC menotte le voleur, il ne se laisse pas faire et donne un coup dans la pommette de la policière. Le jeune homme la bouscule contre un mur et se débat violemment. Elle riposte et rend le coup. Au tribunal, le prévenu affiche encore le coquard à son œil gauche. Incontrôlable, les policiers sont contraints d’appeler des renforts et d’utiliser leur pistolet à impulsion électrique à deux reprises.

« Je n’ai pas volé ! J’ai pris la fuite, car j’ai déjà été agressé chez moi. J’avais peur. » C’est la version que soutient le prévenu tout au long de sa comparution. Il affirme que les policiers ne se sont pas présentés comme tels, et que c’est son colocataire qui a perpétré les faits. En France depuis un mois seulement, le jeune homme serait hébergé dans le studio de cet ami. Ce dernier aurait fui par les escaliers, sans être vu.

Le tribunal n’est pas convaincu : l’identité de ce soi-disant colocataire est en fait celle qui ressort lorsque la police a relevé les empreintes du prévenu. Dernier détail accablant : son téléphone a borné à 200 mètres du domicile de la victime vers 4h30. Le colocataire l’aurait pris pendant qu’il dormait.

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« Il a un doublement de personnalité : le méchant et le petit Calimero. »

« Qui ne reconnaît pas des policiers ? Soyons sérieux ! » s’exclame l’avocat de la policière, sidéré. Contrainte à six jours d’interruption totale de travail, sa cliente est également en arrêt de travail pendant deux semaines. L’avocat souhaite réaliser une expertise médicale pour évaluer les dommages corporels subis par la victime. Il demande 700 euros de dommages et intérêts en provision.

L’avocat d’un autre policier violenté provoque : « Il a un doublement de personnalité : le méchant et le petit Calimero. » Selon lui, le prévenu ment : « plus c’est gros, plus ça passe ». Il souhaite 1 000 euros de dommages et intérêts pour son client.

« Sa parole n’est absolument pas crédible et ses explications tirées par les cheveux », récrimine la procureure. Elle requiert huit mois d’emprisonnement et la révocation d’un précédent sursis simple à hauteur de six mois. Elle souhaite également interdire le territoire français au prévenu pendant cinq ans.

Une lourde peine pour l’avocate de la défense qui souligne la « certitude qu’il y avait deux individus ». Elle ne souhaite pas que son client paye le prix fort, d’autant plus que les coups échangés ont eu lieu pendant la rébellion. Elle demande au tribunal de revoir les réquisitions « à de plus justes proportions » et de ne pas juger son client pour violences.

Le jeune homme est finalement condamné à la révocation du précédent sursis, et est relaxé pour les faits de violences. Il a interdiction de paraître sur le territoire français pendant trois ans.

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