Les mêmes scènes succèdent à la fête, chaque lendemain de Carnaval de la Plaine. Ce lundi 30 mars au matin, les balayeuses de la Métropole sillonnaient ainsi dès l’aube la place Jean-Jaurès pour nettoyer confettis et verre brisé, pendant que des agents repeignaient des bancs tagués la veille et estimaient une partie des dégâts. Si un tapis de sable avait été déployé pour recueillir le bûcher du Caramantran, le brasier a une nouvelle fois lourdement endommagé la dalle de l’esplanade, dont les pavés ont été calcinés.

La soirée n’a pas donné lieu à d’incidents majeurs mais la fête (bardée d’arrêtés préfectoraux et interdite à partir de 19 h) a finalement été dispersée par les forces de l’ordre aux alentours de 21 h. Des grenades lacrymogènes et le jet de l’engin lanceur d’eau de la police ont dissipé les derniers carnavaliers, et les feux d’artifice éclataient encore vers 22 h sur la Plaine et dans les rues adjacentes.

Au total, le ministre de l’Intérieur lui-même listait 13 interpellations en fin de soirée et déplorait 17 blessés légers parmi les forces de sécurité intérieure. Ce lundi matin, les employés de l’entreprise Inéo dénombraient enfin une dizaine de caméras de vidéosurveillance endommagées, par des jets de peinture ou à cause de détériorations sur les mâts.

La Ville va porter plainte

Un bilan assez comparable à celui des éditions précédentes. Mais c’est rue d’Aubagne que les dégradations sont le plus notables. Sur le passage du cortège, le « lieu ressource » en cours de construction sur le site des effondrements de la rue d’Aubagne a été tagué. La façade a notamment été barrée de l’inscription « Noailles libre et indépendante ».

« Ce lieu de mémoire doit être respecté. Huit d’entre nous y ont perdu vie, écrivait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, sur son compte X. Sa dégradation est inacceptable. » La Ville de Marseille annonçait dans la foulée porter plainte pour « dégradation d’un bien appartenant à une personne publique », alors qu’une réunion de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (SPLA-IN) devra estimer le coût des réparations « particulières en raison de matériel utilisé sur la façade ».

En face du site du drame du 5 novembre 2018, le couturier Retouches de la Palud a lui vu sa vitrine recouverte de l’inscription « Payan, reste bien tranquille je te le dis » à la peinture rose. Alors que les travailleurs de la petite enseigne disaient leur « colère » en découvrant les dégâts, la Ville assure qu’elle prendra en charge le nettoyage.

Si le Carnaval de la Plaine a encore été un succès populaire en réunissant plus de 14 000 personnes tout au long de l’après-midi, il a également confirmé son statut de fête parmi les plus scrutées de France. Faisant réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, qui disait sur X son « soutien aux 17 policiers légèrement blessés lors des interventions menées pour faire cesser les graves incidents en marge de l’événement » et « condamnait fermement ces violences intolérables. Force restera toujours à la Loi ».