Estimé à 1,7 milliard d’euros en 2024, le déficit pourrait bondir à 5 milliards en 2025, alerte notamment le COR. Cette dégradation est accentuée par une décision politique récente : la suspension de certains effets de la réforme de 2023 par les députés, figeant l’âge de départ à 62 ans et 9 mois. Un choix au coût immédiat de 2,2 milliards d’euros pour les finances publiques.
Pour redresser la barre, les experts de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), de la Direction générale du Trésor et de la Paris School of Economics (PSE) ont passé au crible trois scénarios : limiter la hausse des pensions, augmenter les cotisations et reculer l’âge de départ à la retraite.
« Des effets positifs »
Reculer l’âge de départ à la retraite est jugé le plus « vertueux » sur le plan comptable. Selon les études, cela permettrait de créer entre 50 000 et 142 000 emplois et d’apporter jusqu’à 0,5 point de croissance au PIB. Le système serait ainsi doublement gagnant avec davantage de cotisations encaissées et moins de pensions à verser simultanément, résument les analystes. D’autant que, selon une étude publiée par la Drees, l’une des agences statistiques de l’État, jeudi dernier, 35 % des personnes ayant pris leur retraite entre 2012 et 2020 ont depuis vu leur niveau de vie augmenter.