Les transporteurs routiers de la région estiment avoir assez attendu. Après une réunion en urgence de l’OTRE (Organisation des transports routiers) Paca le 20 mars dernier à La Farlède lors de laquelle ils tiraient la sonnette d’alarme, les professionnels ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Un communiqué commun de la FNTR (Fédération nationale des transports routiers) Sud Provence-Alpes-Corse, de la FNTR Alpes-Maritimes et Var et de l’OTRE Paca appelait dès ce vendredi 27 mars « à changer la nature de la mobilisation. »

Après la manifestation à Paris ce lundi, elle prendra la forme d’un barrage filtrant, prévu ce mercredi 1er avril dans les deux sens de circulation au péage du Capitou, sur l’A8. « Nous laisserons passer les véhicules légers, les sanitaires, et les poids lourds français, mais pas les camions étrangers, détaille Jean-Marc Montagnac, secrétaire de l’OTRE Paca. Nous voulons faire la démonstration à nos dirigeants que le territoire français est traversé par des transporteurs concurrents étrangers dans le cadre du cabotage, sans jamais faire le plein dans l’Hexagone puisqu’un poids lourd peut parcourir 3 500 km avec 1 200 litres de carburant. La France ne perçoit donc aucune taxe sur cette activité alors que ces routiers étrangers, eux, bénéficient des mesures qui ont été mises en place chez nos voisins, notamment en Italie et en Espagne, pour les soutenir face à la flambée du prix du carburant. »

Une aide urgente

Car les mesures annoncées par le gouvernement (une enveloppe d’urgence de 50 millions d’euros pour le mois d’avril, destinée en priorité aux TPE et PME) sont largement insuffisantes aux yeux de la profession, qui réclame « des dispositifs similaires à ceux qui avaient été instaurés en 2022, avec un dossier à remplir sur Internet et un chèque reçu 15 jours après. Là on nous parle de bilan au 31 mars, ce qui signifie des frais d’experts-comptables et surtout le dépôt du dossier en ligne afin qu’il soit étudié, alors que nous avons besoin d’une aide immédiate ! » poursuit le secrétaire rappelant le montant de 400 millions d’euros alloué aux transporteurs en 2022… « 5 000 entreprises de transport ont disparu l’an dernier, en moyenne elles ont une vingtaine de salariés, cela représente 5 milliards de recettes fiscales en moins pour l’État. Si l’on ne fait rien, d’autres entreprises disparaîtront. Actuellement, certains clients ont déjà arrêté leurs tournées car ils ne peuvent pas assumer la hausse répercutée par les transporteurs… »

Les routiers ont rendez-vous dans le sens Aix-Nice dès 6h30 ce mercredi 1er avril sur l’aire d’autoroute de Vidauban, sur l’A8 « à condition de s’inscrire sur notre site, pour coordonner le convoi avec les forces de l’ordre », souligne Jean-Marc Montagnac, et sur l’aire des Bréguières à Mougins dans le sens Nice-Aix, pour se rendre en cortège dès 7h30 vers le péage du Capitou, en vue d’une matinée entière de barrage filtrant. Une nouvelle opération est d’ores et déjà prévue jeudi 2 avril au péage de La Saulce à Gap.