À Lyon, le Rhône ne sépare plus seulement les arrondissements ; il semble aussi marquer la frontière entre deux visions irréconciliables de la cité. Dimanche 22 mars soir, le verdict est tombé : 50,67 % pour Grégory Doucet (divers gauche*), 49,33 % pour Jean-Michel Aulas (divers centre*). Une victoire sur le fil, un souffle de moins de 3 000 voix qui laisse une ville coupée en deux blocs symétriques.
Une ville, deux visages
D’un côté, le « bloc des pentes » et des quartiers populaires. Dans le 1er arrondissement, Grégory Doucet culmine à 68,63 %, transformant les pentes de la Croix-Rousse en bastion écologiste. Même constat dans le 7e (61,64 %), où l’alliance avec les Insoumis semble avoir agi comme un multiplicateur de forces, malgré les cris d’orfraie de l’opposition dénonçant un « accord de la honte ».
CARTE. Les résultats des élections municipales 2026 à Lyon, bureau de vote par bureau de vote.
À l’opposé, Jean-Michel Aulas a fait le plein. Le 6e arrondissement, bastion historique de la bourgeoisie lyonnaise, lui offre son plus beau score moyen (65,29 %). Entre le parc de la Tête-d’Or et les larges avenues du 2e (58,78 % pour Aulas), le discours sécuritaire et sur les nombreaux travaux a fait mouche.
Le basculement des quartiers pivots
Mais c’est dans les arrondissements « balanciers » que l’élection s’est jouée. Le 8e et le 9e, territoires de contrastes entre zones résidentielles et grands ensembles, ont été le théâtre d’une lutte centimètre par centimètre. Dans le 8e, Jean-Michel Aulas devance Grégory Doucet d’une infime fraction (50,05 % contre 49,95 %). À l’inverse, dans le 9e, bastion historique de l’ère Collomb, Doucet arrache la tête avec 50,18 %.
Ces quelques voix, glanées dans les bureaux de vote de Vaise ou des États-Unis, ont certainement fait l’élection.
(*) Nuance politique indiquée par la préfecture du Rhône lors du second tour des élections municipales, dimanche 22 mars 2026.
Méthodologie : comment nous avons analysé les résultats
Pour réaliser cette carte interactive, nous nous sommes appuyés sur les données officielles du second tour des élections municipales 2026, publiées en open data sur la plateforme data.gouv.fr.
Le traitement des milliers de lignes de résultats par bureau de vote a été effectué via un script Python développé sur Google Colab. Ce programme a permis de filtrer les données spécifiques à Lyon, d’agréger les scores par candidat et d’automatiser l’attribution des couleurs politiques pour chaque bureau.