Secteur qui représente aujourd’hui près de 15% des émissions de gaz à effet de serre en France : décarboner l’industrie est donc un enjeu majeur, si on veut atteindre la neutralité carbone en 2050.

Quels sont les secteurs qui polluent le plus ?

La production de l’acier émet le plus de CO2, mais il y a aussi le ciment, le verre, le papier, le sucre, l’aluminium et les produits chimiques comme l’éthylène (que l’on retrouve dans nos emballages plastiques), l’ammoniac (qui sert à fabriquer les engrais) et le chlore (pour purifier l’eau)/
Au final ce sont neuf secteurs stratégiques qu’il faut décarboner en priorité. L’ADEME publiera ce matin à 10 heures les 9 « PTS » pour les accompagner : les plans de transition sectoriel .

Un PTS, c’est une feuille de route pour réduire les émissions de ces secteurs de 80% dans les 25 prochaines années. Car oui, décarboner l’industrie c’est possible, mais ça a un coût : 10 milliards d’euros avant 2030, et 30 milliards d’ici 2050.

D’ici à 2030, cet argent va servir à investir dans les solutions déjà disponibles pour décarboner l’industrie : améliorer l’efficacité des procédés industriels pour consommer moins d’énergie, utiliser davantage de matières recyclées et remplacer les énergies fossiles par de l’électricité décarbonée.
Après 2030, ce sont les nouvelles technologies qui prendront le relais, notamment l’hydrogène dont on aura besoin pour produire de l’acier et de l’ammoniac. Mais attention, il faudra que cet hydrogène soit vert ou bas carbone et non de l’hydrogène gris, comme celui qu’on utilise aujourd’hui.

L’hydrogène gris, c’est celui qui provient d’hydrocarbures fossiles : pétrole, charbon et surtout gaz naturel pour la France. L’hydrogène vert ou bas carbone, lui, est produit avec de l’électricité renouvelable ou nucléaire. On utilise alors le courant électrique pour isoler les atomes d’hydrogène contenu dans l’eau. Ca s’appelle l’électrolyse et c’est dans cette technologie qu’il faut investir.

Et si on ne fait pas tous ces investissements, non seulement on n’atteindra pas la neutralité carbone, mais ça risque aussi de nous coûter beaucoup plus cher sur le long terme. Car sans changement, les coûts de production de l’industrie française pourraient doubler d’ici 2050, à cause notamment de la hausse des prix de l’énergie.
Enfin n’oublions pas que l’on importe 100% des énergies fossiles qui alimentent notre industrie aujourd’hui. S’en passer nous permettra donc de réduire notre dépendance et de renforcer notre souveraineté, dans le contexte international actuel, ce n’est pas négligeable…