L’envolée du prix du pétrole provoquée par le conflit en Moyen-Orient se répercute sur l’économie française. La consommation s’est repliée en février sur un mois (-1,4%).

La désorganisation du commerce mondial et la crise énergétique provoquées par la guerre au Moyen-Orient n’auront pas mis longtemps à se répercuter sur l’économie française. L’inflation a fortement accéléré en mars, selon la première estimation de l’Insee, rendue publique ce mardi. Elle s’est élevée à +1,7% sur un an, après +0,9% en février. De son côté, la consommation des ménages se replie nettement en février sur un mois (-1,4%), selon l’Insee. Cette hausse de l’inflation est notamment due à un important rebond des prix de l’énergie et particulièrement des produits pétroliers (+7,3% sur un an contre -2,9% en février), selon l’Institut national de la statistique français.

Depuis un mois, l’économie française doit faire face aux conséquences du conflit au Moyen-Orient. Dans le sillage du pétrole, dont le prix du baril dépasse les 100 dollars, les carburants ont connu un bond inédit. Le prix moyen du gazole dans les stations-service frôle même désormais les 2,20 euros, au plus haut depuis 1985. Côté essence, le sans-plomb 95-E10 s’approche de son côté des 2 euros le litre. Cette flambée s’est répercutée à toute l’économie, du plastique jusqu’aux coûts du transport. Sur un an, les prix des services accéléreraient légèrement comme ceux du tabac, tandis que les prix des produits manufacturés baisseraient plus rapidement que le mois dernier. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH, qui permet les comparaisons entre les différentes inflations de la zone euro) augmente de 1,9% sur un an en mars, après 1,1% en février.

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Consommation en berne

Sans surprise, les ménages ont décidé de se serrer la ceinture. Leur consommation a chuté de 1,4% en février sur un mois après un bond une légère croissance de 0,4 point en janvier. La baisse est de 1,5% en février sur un an et de 0,6% sur les trois mois décembre-janvier-février par rapport aux trois mois précédents. Le recul de la consommation des ménages corrigé des variations saisonnières sur un mois est dû notamment à une nouvelle baisse de la consommation d’énergie (-2,4% sur un mois après -1,2% en janvier), explique l’Institut national de la statistique. La consommation en électricité et en gaz chute en février, mois qui a été particulièrement doux. En revanche, la consommation en carburants (super sans plomb et en gasoil) «rebondit», détaille l’Insee.

La consommation de «biens fabriqués» se contracte aussi nettement (-1,7% en février après +1,1% en janvier). Dans le détail, les dépenses en biens durables se contractent (-1,8% après +0,8% en janvier) en raison d’un «net fléchissement des achats de biens d’équipement du logement», en particulier de meubles et de produits électroniques, et d’un repli des achats de matériels de transport, dont les achats de voitures neuves. Les dépenses en habillement-textile se contractent aussi nettement (-4,0% après +3,6% en janvier). La consommation en «autres biens fabriqués» se replie, elle, légèrement (-0,1% après +0,2% en janvier). La baisse de la consommation en février est due aussi à celle de la consommation alimentaire (-0,5% sur un mois après +0,4% en janvier), «du fait de la baisse des dépenses en produits agroalimentaires, notamment les boissons et le tabac», indique l’Insee.