Tapa est une petite ville rurale située dans le Nord-Est du pays, à 90 kilomètres de la capitale Tallinn.
/ Photo Laurent Blanchard
Deux camions militaires longent une barre d’immeubles à la façade blême. Il y a des images qui résument des lieux. Tapa pourrait l’être avec celle-ci.
Difficile de dissocier ce petit bourg de 10 000 habitants et la vaste base militaire voisine. Délimités par une muraille de grilles, les bâtiments, qui abritent les forces de l’Otan, se dressent à la lisière de la ville et de ses habitations les plus excentrées, de vieux HLM et des maisons en bois plutôt coquettes.
Imbriqués de la sorte, c’est comme si ces deux mondes – civil et militaire – n’en faisaient qu’un. Une certitude : ils évoluent côte à côte, en pleine harmonie. Ici, le treillis et l’uniforme font partie du décor. Les véhicules kaki aussi, on l’a vu. Il n’y a rien de plus commun que de croiser des soldats de la Royal Army ou d’un régiment français dans l’un des deux supermarchés du coin.
Le centre-ville de Tapa. / Photo Laurent BlanchardUn sérieux gage de sécurité
Cette proximité est bienvenue pour la population locale et alentour. C’est un sérieux gage de sécurité. À 140 kilomètres de la frontière avec la Russie, ce n’est pas une expression ni un sentiment convenus.
L’installation d’un Groupement tactique multinational dans la base militaire, en 2017, a directement eu un effet sur l’état d’esprit des Estoniens qui s’estiment tout particulièrement protégés d’éventuels soubresauts qu’ils subiraient de plein fouet si près du versant russe. « Notre présence est là pour les rassurer », appuie le colonel Launay, Représentant principal national (SNR) du détachement français.
Cet ordre de mission pèse un poids important dans un pays où une bonne partie des habitants se considèrent sous la menace directe de la Russie. « On se prépare à tout », lâche Kristo, rencontré au hasard de nos déplacements entre Tapa et la capitale Tallinn où certains sont même allés jusqu’à anticiper des abris dans la cave de leur logement.
Dans ces territoires, l’histoire est si prégnante qu’elle ne s’efface pas dans l’insouciance. Encore moins à la lumière d’une actualité si brutale en Ukraine.
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