Et si vos allergies printanières
touchaient aussi vos longueurs ?
Chaque année, c’est le même
scénario : les beaux jours arrivent, les terrasses se remplissent…
et les mouchoirs aussi. Éternuements à répétition, yeux qui
piquent, fatigue qui s’installe — le rhume des
foins n’a rien d’une promenade de santé. Mais ce que l’on
sait moins, c’est que ces allergies saisonnières pourraient aussi
avoir un impact inattendu sur votre chevelure. Oui, vos mèches
pourraient elles aussi payer le prix du pollen. Une hypothèse qui
intrigue, alors que les allergies toucheraient aujourd’hui jusqu’à
30 % des adultes
français, soit trois fois plus qu’en 2000, selon Direct
Assurance et Santé.fr.
Pourquoi le rhume des foins peut-il impacter vos cheveux ?
Sur le papier, le lien peut
sembler tiré par les cheveux (sans mauvais jeu de mots). Et
pourtant, il est bien réel. Comme l’explique le Dr Abdulaziz Balwi, directeur médical de la
clinique capillaire Elithair, le mécanisme est avant tout
immunitaire. Le rhume des foins est une réaction allergique au
pollen. Lorsque vous y êtes exposée, votre organisme libère de
l’histamine pour se défendre, déclenchant une inflammation des
voies nasales… mais pas seulement. « Cette inflammation peut aussi
affecter le cuir chevelu et entraîner une réaction du système
immunitaire contre les follicules pileux », précise l’expert.
Autrement dit, votre corps, un
peu trop zélé, pourrait s’attaquer à vos propres racines
capillaires. Résultat : une chute de cheveux plus importante que
d’habitude. Autre effet domino : l’inflammation génère du
stress, lui-même bien connu pour fragiliser la fibre capillaire.
C’est un peu comme si votre cuir chevelu vivait une mini crise
existentielle — et décidait de lâcher prise… au sens
propre. Enfin, les démangeaisons liées aux allergies
n’arrangent rien. En vous grattant le cuir chevelu, vous irritez
davantage les follicules, ce qui peut accentuer la chute. Le combo
gagnant, version cauchemar capillaire.
Les
signes qui doivent vous alerter
Si vous êtes sujette aux
allergies saisonnières, certains signaux méritent d’être surveillés
de près. Pas besoin de virer parano, mais disons que votre cuir
chevelu pourrait vous envoyer quelques SOS discrets. D’abord,
les symptômes classiques du rhume des foins : éternuements, nez qui
coule ou bouché, toux, yeux rouges et larmoyants, maux de tête ou
encore fatigue persistante. Jusque-là, rien de nouveau.
Mais côté cheveux, d’autres
indices peuvent apparaître. Une irritation du cuir chevelu, des
démangeaisons plus fréquentes, ou encore une sensation de cuir
chevelu sensibilisé. Vous pouvez aussi remarquer un
affinement progressif des
cheveux, une chute plus soudaine ou une accélération de la
perte lors du brossage ou du shampoing. Rien de spectaculaire
du jour au lendemain, mais plutôt une impression diffuse que votre
masse capillaire fond comme neige au soleil. Et pour cause : le
phénomène est souvent progressif.
Comment limiter la casse (sans se couper du
printemps)
Bonne nouvelle : même si le
rhume des foins ne se « guérit » pas vraiment, il existe des
solutions pour éviter que vos cheveux ne trinquent
trop. Premier réflexe : traiter vos allergies. « Parlez-en à votre médecin
», recommande le Dr Balwi. Antihistaminiques, sprays nasaux ou
traitements spécifiques peuvent aider à réduire l’inflammation et
donc, indirectement, ses effets sur les cheveux.
Ensuite, on protège son cuir
chevelu comme on protégerait sa peau. Évitez de vous gratter (oui,
plus facile à dire qu’à faire), portez un chapeau lors des pics de
pollen et limitez l’exposition directe. Un geste simple, mais qui
peut faire la différence. Côté routine capillaire, on mise sur
la douceur. Shampoings non agressifs, coiffures pas trop serrées,
et on met en pause les brushings façon Beyoncé en tournée mondiale.
L’idée : ne pas ajouter de stress supplémentaire à des follicules
déjà sursollicités.
L’alimentation joue aussi un
rôle. Une routine riche en nutriments, vitamines et minéraux
essentiels contribue à soutenir la santé globale du cheveu. Pas de
miracle, mais un terrain plus solide. Enfin, on n’oublie pas
un acteur clé souvent sous-estimé : le stress. Sport, relaxation,
moments pour soi… tout ce qui permet de relâcher la pression est
bon à prendre. Vos cheveux vous diront merci. Comprendre que
vos allergies peuvent aller au-delà des éternuements, c’est déjà
reprendre un peu de contrôle. Et éviter que le printemps ne
devienne, en plus, une saison de bad hair days.
Source : Dr Abdulaziz Balwi, directeur médical de
la clinique capillaire Elithair ; données issues de Direct
Assurance et Santé.fr.