Et si votre assiette devenait votre meilleure alliée contre le vieillissement du cerveau ? Derrière une promesse séduisante « gagner jusqu’à deux ans d’âge cérébral », un régime encore méconnu en Europe intrigue les chercheurs. Mais que cache cette méthode alimentaire, et jusqu’où peut-elle vraiment protéger notre mémoire ?

Le régime Mind est très populaire aux États-Unis. Conçu pour protéger la santé cérébrale, il a montré son efficacité pour diminuer le risque de maladie d’Alzheimer. Il est en effet associé à de meilleures fonctions cognitives et à un risque moindre de démence.

Deux régimes (éprouvés) en un

Il s’inspire de deux régimes dont les bénéfices sur la santé sont très documentés : le régime méditerranéen (anti-obésité, anti-diabète, anti-maladies cardiovasculaires…) et le régime Dash, mis au point pour lutter contre l’hypertension artérielle. Le régime Mind est ainsi :

  • riche en légumes (notamment à feuilles vertes), légumineuses, céréales complètes, noix et oléagineux, huile d’olive ;
  • modéré en poisson, produits laitiers et viande blanche ;
  • pauvre en viande rouge, beurre, margarine, produits sucrés, frits et ultra-transformés ;
  • pauvre en fruits, sauf en baies (myrtilles, mûres, framboises, cassis…).

Des chercheurs de l’École de Santé publique d’Harvard (Boston, Massachusetts, aux États-Unis) ont voulu savoir si l’adoption de ce régime avait un impact sur les changements structurels du cerveau inhérents à l’avancée en âge, notamment s’il pouvait ralentir l’« atrophie cérébrale ».

« La détérioration structurelle du cerveau est une caractéristique majeure du vieillissement et est étroitement liée au déclin cognitif, à la démence et à la perte d’autonomie », expliquent-ils.

Une expertise de l’Anses alerte sur l’imprégnation des Français à un métal lourd toxique pour l’organisme. Que faut-il manger pour réduire son exposition ? © XD

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Afin d’avoir des éléments de réponse, ils ont analysé les habitudes alimentaires de 1 647 adultes âgés en moyenne de 60 ans qu’ils ont suivis durant 12 années. Les scientifiques ont calculé pour chacun un score reflétant la conformité (degré de similarité) de leur alimentation au régime Mind. Ils ont en parallèle analysé les IRM cérébrales de l’ensemble des participants.

Des effets visibles jusque dans la structure cérébrale

Publiés dans le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, les résultats montrent que les participants dont l’alimentation s’approchait le plus des principes du régime Mind présentaient une perte bien moindre de tissu cérébral au fil du temps. L’effet était particulièrement marqué au niveau de la matière grise, un tissu neuronal impliqué dans nos fonctions cognitives (réflexion, mémoire, prise de décision…) et dont la dégradation est associée à un risque accru de maladie d’Alzheimer.

Longtemps considérée comme irréversible, la maladie d’Alzheimer pourrait devoir être repensée. Une étude récente explore une piste inattendue qui redonne espoir quant à la capacité du cerveau à se réparer. © Atthapon, Adobe Stock

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Le volume de leur ventricule latéral gauche était également moins important, ce qui montre qu’il y a moins d’hypertrophie ventriculaire, qui est un signe de perte de tissu cérébral.

« L’atrophie de la matière grise et l’augmentation du volume ventriculaire sont des marqueurs bien établis du vieillissement cérébral, commentent les chercheurs. La matière grise, riche en corps cellulaires neuronaux, en dendrites et en synapses, joue un rôle clé dans la mémoire, l’apprentissage et la prise de décision. L’augmentation du volume ventriculaire, en revanche, reflète l’atrophie cérébrale, où la perte de tissu cérébral s’accompagne d’un élargissement des espaces remplis de liquide céphalo-rachidien. »

Selon eux, les modifications du cerveau obtenues grâce au régime MIND correspondaient à un ralentissement du vieillissement neuronal équivalent à 2,5 ans.


L’analyse des IRM a mis en évidence que les adeptes du régime Mind ont moins d’atrophie de la matière grise, un marqueur du vieillissement cérébral. © Tryfonov, Adobe Stock

Des résultats encourageants… mais encore des zones d’ombre

Comment expliquer ces résultats ? Selon les chercheurs, l’introduction d’aliments riches en antioxydants (comme les baies) et de protéines de haute qualité (comme celles du poulet) serait à l’origine d’une diminution du stress oxydatif. À l’inverse, les aliments frits, souvent riches en graisses de mauvaise qualité, en graisses trans et en produits finaux de glycation avancée, peuvent contribuer à l’inflammation et aux lésions vasculaires.

Certains changements simples du quotidien comme bouger davantage pourraient aider à ralentir le déclin cognitif lié à Alzheimer. Même s’ils ne constituent pas un remède, ces gestes offrent une marge d’action et un véritable espoir pour le cerveau et la santé globale. © David L/peopleimages.com, Adobe Stock

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« Compte tenu du vieillissement mondial de la population et du fardeau croissant des maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, promouvoir le régime Mind dans le cadre des recommandations alimentaires destinées aux populations vieillissantes pourrait constituer une stratégie accessible pour relever ce défi », concluent les chercheurs.

Pour le moment, ces derniers n’ont mis en évidence qu’une corrélation, et non une relation de cause à effet ; d’autres études devront donc être menées pour préciser ces résultats. D’autant plus que certains facteurs pouvant jouer un rôle dans la santé cérébrale (qualité du sommeil et facteurs génétiques notamment) n’avaient pas été pris en compte. Certaines anomalies restent par ailleurs difficiles à expliquer ; c’est le cas de la consommation de céréales complètes (recommandées dans Mind) qui était associée à un déclin plus rapide, mais pas la consommation de fromage (qui, elle, est déconseillée). Affaire à suivre donc…