Entre euphorie des terrasses et
bâillements à répétition, notre horloge biologique vit un vrai
décalage saisonnier. Rythme circadien, lumière et rituels
quotidiens deviennent les clés cachées de la forme au
printemps.
Les journées rallongent, les terrasses se remplissent, et
pourtant vous baillez en continu. Beaucoup de femmes décrivent ce
début de saison comme un étrange mélange d’euphorie et de
lassitude, avec la sensation d’avoir un corps en décalage. Ce n’est
pas un manque de volonté, mais un véritable mini jetlag biologique
qui perturbe la fameuse forme au printemps tant espérée. Ce
décalage commence avec la lumière, et votre organisme doit
entièrement réajuster son tempo.
Forme au printemps : fatigue printanière décryptée
Quand la lumière printanière s’allonge, elle agit comme un
réveil mais dérègle aussi le rythme circadien.
L’exposition plus longue stimule le cortisol le matin, tandis que
la mélatonine, l’hormone du sommeil, tarde à s’installer le soir.
Une étude finlandaise de 2008 a montré « qu’avec l’arrivée du
printemps, une baisse notable de la qualité du sommeil de 5 à 15 %
était constatée, accompagnée d’une augmentation des mouvements
nocturnes de 10 à 25 % », précise cette équipe, citée par
Vogue. Résultat : endormissement retardé, nuits agitées et réveils
cassés.
Selon la caisse maladie suisse KPT, environ un adulte sur deux
ressent cette baisse d’énergie entre mi-mars et mi-avril. Et puis
la lumière donne envie de tout accepter : afterworks, sorties,
week-ends. Ce « social jetlag » crée un décalage entre vie sociale et
horloge interne, alors que le corps sort à peine du mode hivernal.
On voit apparaître fatigue diurne, maux de tête, irritabilité ou
difficultés de concentration qui plombent la forme au
printemps.
Routine pour retrouver la forme au
printemps
Pour recaler votre horloge interne, tout commence le matin.
S’exposer à la lumière naturelle dans l’heure qui
suit le réveil, idéalement dehors, envoie au cerveau le signal du
jour. Ajouter 20 à 30 minutes de marche, de vélo ou de jogging doux
stimule le cortisol et la sérotonine. Côté assiette, misez sur
fruits et légumes de saison, protéines au petit déjeuner, bonne
hydratation et quelques minutes de soleil, 15 minutes suffisant
souvent pour la vitamine D.
Le soir, l’idée est de préparer la mélatonine. Baisser
l’éclairage, couper les écrans une heure avant le coucher et garder
des horaires réguliers aide le cerveau à comprendre que la journée
est finie. Une séance de sport intense après 19 h maintient un taux
élevé de cortisol, mieux vaut la placer plus tôt. Gardez pour la
soirée un rituel calme : douche chaude, étirements, lecture, quitte
à refuser une invitation pour laisser le corps se poser.