L’Ukraine a commémoré mardi le funeste anniversaire des massacres de 2022 à Boutcha. Des représentants des pays membres de l’UE ont participé à l’événement et réaffirmé leur soutien à l’Ukraine face à la Russie.
Selon Kiev, des responsables de tous les pays membres, dont les ministres des Affaires étrangères allemand, italien, polonais, roumain, irlandais, suédois, bulgare et des pays baltes, ont participé à cette commémoration, ainsi que la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas.
S’exprimant depuis Boutcha, près du mémorial dédié aux victimes, Kaja Kallas a estimé que la poursuite en justice des responsables de ces « crimes de guerre » sera nécessaire pour « instaurer une paix juste et durable » en Ukraine.
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« Nous insistons sur la création d’un Tribunal spécial pour le crime d’agression » russe, a-t-elle poursuivi. Ce tribunal, qui doit être créé dans le cadre du Conseil de l’Europe, vise à engager des poursuites contre les responsables politiques et militaires ayant choisi d’employer « la force armée » contre Kiev et compléter le travail de la Cour pénale internationale (CPI).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la Première dame Olena Zelenska lors de la commémoration des massacres de Boutcha. [KEYSTONE – UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE] Crimes de guerre
L’armée russe est accusée d’avoir commis d’atroces crimes de guerre à Boutcha en 2022. Des dizaines de civils y avaient été retrouvés, exécutés sommairement, dans cette ville après sa libération fin mars 2022.
« C’était comme dans un safari. Ils étaient bourrés et abattaient les gens dès qu’ils les voyaient », racontait en 2022 un habitant de Boutcha, Alexandre Konovalov, dans le 19h30 de la RTS. En tout, plus de 400 personnes ont été tuées, victimes de viols ou de torture.
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Enquêtes parallèles
La Russie nie catégoriquement ces faits et parle de mise en scène de la part des Ukrainiens. Commence alors un travail d’identification, mais aussi de documentation.
En plus des enquêtes judiciaires menées par des autorités ukrainiennes, des centaines d’investigations sont menées par des avocats, des journalistes et des ONG, à l’instar d’Amnesty International. Les informations récoltées peuvent alors servir aux autorités judiciaires et aux instances internationales pour poursuivre les coupables de crimes de guerre ou de crime contre l’humanité.
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« On a des méthodes traditionnelles: la récolte de témoignages sur place, souvent avec les familles de victimes, de personnes exécutées ou torturées. Puis on croise ça avec des méthodes plus modernes: l’analyse d’images satellites, d’images open source, d’analyses médico-légales et d’analyses d’armements », explique Nadia Boehlen, porte-parole d’Amnesty International Suisse.
Quatre ans après le début la guerre, au moins une vingtaine de soldats et hauts gradés russes en lien avec ce massacre ont été identifiés par la police ukrainienne et par la presse internationale.
Sujet TV: Karima Benamrouche
Adaptation web: edel avec afp