Le tribunal de commerce de Marseille a placé Alinéa en liquidation judiciaire, ce mardi 31 mars. En France, les 36 magasins de l’enseigne d’ameublement ont baissé leur rideau, dont celui de Limoges, au Family Village. Dans cet établissement, 28 personnes se retrouvent au chômage. Nous avons pu joindre des salariés.

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« Merci d’avoir fait vivre Alinéa », c’est par ce court message sur internet que la direction d’Alinéa remercie clients et salariés, après 36 ans d’existence. Ce mardi 31 mars, le tribunal de commerce de Marseille a scellé le sort du magasin d’ameublement, privant d’emplois près de 1200 salariés sur toute la France.

Vingt-huit personnes travaillaient au magasin Alinéa de Limoges, implanté depuis seize ans en zone nord, au Family Village. Vingt-huit salariés aujourd’hui au chômage, après de longues années d’incertitude. « Au fond, c’est un soulagement, témoignait ce mardi après-midi un salarié qui a souhaité conserver son anonymat. Il valait mieux partir maintenant, plutôt que de se retrouver avec un repreneur qui ne convenait pas… et devoir partir au final ».

Pendant un mois, nous sommes encore payés par Alinéa.

Un salarié d’Alinéa Limoges

Au téléphone, un autre salarié d’Alinéa Limoges, présent dans l’enseigne depuis ses débuts au Family Village en 2010, confirme que les portes sont définitivement closes : « Il n’y a pas eu de repreneur pour les magasins. Pendant un mois, nous sommes encore payés par Alinéa, ensuite le PSE va entrer en ligne de compte. Ils exagèrent quand même, on a liquidé une grande partie du magasin ces dernières semaines pour une prime de liquidation ridicule de 1 500 €. »

C’était devenu trop cher !

Un salarié d’Alinéa Limoges

Pour ce salarié du magasin de Limoges, l’enseigne d’ameublement a sombré en se plaçant sur un créneau de « semi-luxe » : « Au début, on avait des prix abordables. Après, la direction s’est positionnée sur les cadres et ils se sont plantés. C’était devenu trop cher ! Quand vous payez une serviette de bain 28€, vous ne l’achetez pas ! »

« C’est dommage, ajoute un collègue souhaitant rester anonyme, les produits étaient de bonne qualité, avec en plus un bon S.A.V. La stratégie de livraison n’était pas bonne non plus. Dans certaines entreprises, en 48h, le client a sa marchandise. Nous, le client devait attendre parfois 15 jours… c’est trop long comme délai. »

Espoirs et désillusions résument la chute de l’enseigne d’ameublement. Le 20 novembre 2025, Alinéa avait été placée en redressement judiciaire. L’entreprise cumulait 47 millions d’euros de pertes pour un chiffre d’affaires de 162 millions d’euros en 2024.

Le 26 janvier dernier, une seule offre de reprise était connue. SDC Holding, un groupe roumain, s’engageait à sauver l’enseigne et une grande partie de ses salariés. Première déconvenue, le 12 février, le repreneur ne se présentait pas devant les salariés, ces derniers ont pensé qu’il se retirait. Coup de théâtre, le 5 mars, SDC Holding proposait une nouvelle offre, in extremis.

Cette proposition de dernière minute a été déclarée irrecevable par le tribunal de commerce de Marseille, ce mardi 31 mars. Une décision qui n’est donc pas une surprise pour les 1200 salariés, habitués aux aléas économiques de l’entreprise. En 2020, Alinea avait déjà été liquidé par le groupe Mulliez, racheté par une autre branche du même groupe avec les enseignes Zodio.