Le conduit ressemble à une cheminée. Pourtant, aucune fumée ne s’en échappe : elle dissimule en réalité une antenne de téléphonie.
À Carros, ce type d’installation alimente l’inquiétude de plusieurs habitants.
En janvier, des antennes relais 4G/5G ont été installées sur le toit de la résidence Les Iris, boulevard de la Colle-Belle.
Un bâtiment situé à proximité immédiate du hameau du Planet.

Depuis, plusieurs riverains contestent cette implantation. Ils font part de leurs inquiétudes quant aux effets des ondes sur la santé.
Armand, un habitant, détaille : « C’est en plein quartier résidentiel, il y a un CFA (1) et un collège à 200 mètres. Ils ont monté ça à 3 heures du matin sans nous prévenir ».
L’affichage de la déclaration préalable a bien été effectué, mais les opposants estiment qu’il n’était pas suffisamment visible.
Par ailleurs, l’installation a été autorisée par la copropriété de la résidence sur le toit de laquelle les équipements ont été installés.
Ce type d’accord s’accompagne généralement de contreparties financières versées par l’opérateur.
Pour limiter l’impact visuel, les antennes ont ensuite été dissimulées dans des structures imitant des conduits de cheminée.
Un cadre juridique complexe
Dans une pétition transmise aux autorités, les opposants réclament un moratoire.
La préfecture des Alpes-Maritimes précise que sur ce dossier « les autorisations d’urbanisme relèvent de la compétence du maire ».
Elle ajoute toutefois que ces actes doivent être soumis au contrôle de légalité du préfet et qu’un recours est possible.
De son côté, le conseil municipal de Carros a récemment adopté une délibération à ce sujet. Le texte appelle à éviter un « déploiement anarchique » des antennes-relais et à privilégier la mutualisation des équipements entre opérateurs.
Dans le cas où ce ne serait pas démontré, le maire annonce qu’il s’opposera aux autorisations pour de nouvelles installations et envisage des actions en justice contre les propriétaires privés ayant autorisé ce type d’implantation.
Quid des impacts sur la santé ?
Concernant les effets potentiels de ces ondes sur la santé, la préfecture s’appuie sur les avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES).
Celle-ci indique que « les niveaux d’exposition générés par les antennes relais sont très faibles au regard des valeurs limites réglementaires et que l’exposition la plus significative provient de l’usage des terminaux mobiles eux-mêmes ».
Toutefois, l’Agence nationale des fréquences peut réaliser, à la demande des collectivités ou de particuliers, des mesures de champs électromagnétiques afin de vérifier le respect des seuils réglementaires.
Les résultats de ces contrôles sont ensuite rendus publics sur la plateforme Cartoradio.
Contacté, l’opérateur en charge du projet n’a pas donné suite à nos sollicitations.
1. Centre de formation d’Apprentis.