David Lisnard quitte LR parce que « LR n’a pas quitté ses ambiguïtés vis-à-vis de la macronie ». C’est en ces termes que le président de l’Association des maires de France (AMF) et maire de Cannes a justifié ce mardi 31 mars lors du journal de 20 Heures de France 2 son départ des Républicains, qu’il avait déjà annoncé le 25 mars dans un e-mail à ses sympathisants.

Il réaffirme qu’il sera candidat à la présidentielle pour porter un « projet libéral, sécuritaire, éducatif, scientifique ». Ira-t-il jusqu’au bout de l’aventure ? « C’est pour cela que je propose une primaire, je n’ai pas la notoriété d’autres », répond l’édile à Léa Salamé.

Des signes d’agacement palpables depuis un certain temps

Cette interview intervient moins de trois heures après un rendez-vous en fin d’après-midi avec le président de LR Bruno Retailleau, à qui David Lisnard a remis formellement sa lettre de démission de LR dont il était jusqu’alors vice-président.

« Il a listé ses désaccords stratégiques comme le fait que des ministres LR participent au gouvernement sans avoir été exclus du parti, qu’une majorité de députés LR ont voté le budget ou encore les modalités de désignation du candidat à la présidentielle », confie l’entourage du patron de la droite.

Malgré ces désaccords, le « rendez-vous s’est bien passé », ajoute-t-on à la direction de LR, où l’on aime rappeler qu’il existe paradoxalement une « proximité idéologique forte » entre Bruno Retailleau et David Lisnard.

« Ce n’est pas une surprise. Ça fait des mois qu’il cherche un prétexte pour partir… », confiait-on déjà la semaine dernière à LR. Le désormais ex-vice-président de LR montrait en effet des signes d’agacement palpables depuis un certain temps.

« Sur le fond, les contradictions accumulées ces derniers mois sont devenues insupportables. Seule la perspective des élections municipales, dont les enjeux sont essentiels pour tous les Français attachés à leurs communes, m’a incité à ne pas annoncer ma décision plus tôt », écrivait en effet la semaine dernière David Lisnard, qui énumérait notamment : « La confiance accordée à François Bayrou le 8 septembre, la participation de plusieurs cadres au gouvernement Lecornu sans qu’aucune conséquence n’en soit tirée, le vote des budgets socialistes qualifiés pourtant « d’invotables pour la droite », la suspension de la réforme des retraites, la hausse des prélèvements obligatoires et de la dépense publique. »

« Les histoires de parti politique, c’est terminé »

Autre motif de rupture : le bureau politique de LR qui a acté la semaine dernière que les adhérents trancheront le 18 avril entre plusieurs options pour la présidentielle : primaire réservée aux adhérents LR, ouverte aux sympathisants ou désignation du président de parti comme candidat…

Un « dispositif biaisé qui ne peut aboutir qu’à un résultat connu d’avance », s’insurgeait David Lisnard, partisan d’une large primaire de la droite et du centre, mais convaincu que les adhérents LR choisiront Bruno Retailleau.

« Les histoires de parti politique, c’est terminé », a encore estimé ce mardi sur France 2 celui qui est pourtant président de Nouvelle Énergie, un… parti politique auquel il proposait il y a quelques jours à Éric Ciotti de se joindre.