Le ministère de la Transition écologique a exprimé, mardi 31 mars, sa « vive préoccupation face aux tentatives de ralentir et décaler arbitrairement le calendrier de publication des rapports du septième cycle d’évaluation du GIEC », initialement prévu en 2028.

Cette année 2028 sera celle de la COP33 sur les changements climatiques, qui doit produire le deuxième bilan mondial des actions réalisées par les États depuis l’Accord de Paris, conclu en 2015 et entré en vigueur en 2016. Ce bilan mondial constitue une évaluation collective des efforts engagés pour limiter le réchauffement climatique et s’appuie en grande partie sur les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont les rapports fournissent les bases scientifiques permettant d’en mesurer les progrès.

Or, déplore le ministère français de la Transition écologique dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion du GIEC, ces documents clé risquent de ne pas être remis à temps, en raison de l’obstruction de certains pays, dont « les agissements visent à reporter la publication de certains rapports au-delà de la date de conclusion du deuxième bilan mondial de l’Accord de Paris fin 2028 ». Ces pays ne sont pas cités dans le communiqué, mais lors de précédentes discussions, la Chine, l’Arabie saoudite, la Russie et l’Inde avaient déjà exprimé des réserves sur ce calendrier, qu’elles jugent trop contraint, plaidant pour une publication en 2029.

Estimant que « tout retard dans la prise en compte des données scientifiques pertinentes pour répondre à l’urgence climatique compromettrait gravement l’action climatique à l’échelle mondiale », le ministère rappelle notamment que la chaleur accumulée dans les océans contribue à l’élévation du niveau de la mer, qui a augmenté d’environ une dizaine de centimètres au cours des dernières décennies.

Présenté lors de la COP28 à Dubaï, le premier bilan mondial avait conclu que les progrès vers l’objectif de limiter le réchauffement à 1.5°C par rapport aux niveaux préindustriels étaient insuffisants. Lors de la COP30 de Belém (Brésil), qui s’est déroulée fin 2025 dans un contexte géopolitique particulièrement compliqué, les parties avaient acté leur incapacité à atteindre cet objectif, le plus ambitieux de l’Accord de Paris.

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