David Guiraud (LFI) ne veut pas laisser passer les propos qui dénigrent Roubaix, mais il ne compte pas non plus accepter que la ville perde des postes d’enseignants. Il y a un an tout pile, la réaction jugée trop molle de la mairie à la fermeture de douze classes avait été critiquée par la gauche locale, qui estimait que la ville aurait dû taper du poing sur la table pour exiger que soient prises en compte les difficultés sociales de ses habitants. L’adjointe au maire, Dalila Cherigui, avait pourtant expliqué avoir sauvé onze classes en argumentant en coulisses sur les spécificités de Roubaix.



Un an plus tard, et tout juste élu maire, David Guiraud opte pour une stratégie offensive : dévoiler publiquement le nombre de suppressions de postes prévues pour l’année prochaine dans les écoles de Roubaix – 15, d’après lui – dans une lettre ouverte au directeur académique, Olivier Cottet. Il y dénonce un arbitrage «lourd de conséquences» pour la ville, et fait «sans concertation» avec les nouveaux élus, puisqu’il dit en avoir pris connaissance par le biais d’un courrier du 23 mars… envoyé donc au lendemain du second tour des municipales.



Demande de rendez-vous

David Guiraud estime dans cette missive que si la ville compte bien 168 élèves de moins à la rentrée prochaine, Roubaix aura perdu «un poste par tranche de 11 enfants perdus», là où en moyenne dans l’Académie, il y a «un poste supprimé par tranche de 35 enfants perdus». «C’est une triple peine pour notre ville», écrit-il, citant le cas particulier d’écoles comme Albert-Samain et Voltaire qui devront compter 27 à 29 enfants par classe en petite et moyenne sections, alors qu’elles affichent des IPS (indice de positionnement social) très bas.