À 20 ans, le demi de mêlée toulousain Simon Daroque a un fort tempérament et la faim de prouver. Ancien international U20, il incarne aussi cette nouvelle jeunesse toulousaine où le talent se conjugue à une tête bien faite.
Entre les murs d’Ernest-Wallon, on apprend vite que le talent n’est rien sans le travail. Et pour Simon Daroque (20 ans), le rugby n’est pas seulement une affaire de gènes, bien que son père Frédéric a porté les couleurs du RC Auch dans les années 90. C’est avant tout une histoire de caractère et le jeune demi de mêlée formé à Villefranche-de-Lauragais n’en manque pas. Projeté sous la lumière du Top 14 la saison dernière, le jeune homme aux cheveux noirs et au regard malicieux a disputé cinq matchs dans l’élite avec Toulouse, avec notamment une prestation remarquée face à Castres au Stadium en avril dernier. Freiné par une rupture des ligaments de la syndesmose, il a eu trois mois de convalescence mais compte bien « revenir plus fort ».
Une concurrence au poste démesurée
Ceux qui le côtoient décrivent tous la même personnalité : un joueur qui ne lâche rien, capable de payer de sa personne pour ses coéquipiers. David Mêlé, son entraîneur chez les Espoirs, ne s’y trompe pas : « S’il a bien une qualité, c’est de s’accrocher tout le temps. Il est toujours présent en défense et porte le ballon avec une détermination rare ». Cette ténacité, Simon l’a forgée loin des circuits de détection classiques. « Sa sélection avec l’équipe de France quand il est en deuxième année junior lui a donné confiance en lui, appuie son père. C’était un des seuls à ne pas être dans des pôles de détection et je crois que ça lui a donné de l’assurance, ça lui a fait du bien. Il y a eu un avant et un après ».
International U20 l’an passé et titulaire lors du dernier Mondial U20 avec les Bleuets, il porte ce mélange de culot et d’humilité qui sied aux grands numéros 9. En évoquant les grands 9, la concurrence à laquelle il fait face à Toulouse est absolument phénoménale. Devant lui ? Le meilleur joueur du monde et capitaine du XV de France Antoine Dupont, l’un des demis de mêlée les plus en vue du moment Paul Graou, l’international japonais Naoto Saito et, en quatrième homme, l’ailier polyvalent italien Ange Capuozzo. Rien que ça.
Radiologie et passion de la « pala »
Conscient de la difficulté et de la précarité du monde professionnel, il suit parallèlement des études de manipulateur en électroradiologie médicale à l’IFMEM où il poursuit sa deuxième année. Un équilibre essentiel, voulu par son entourage, pour garder les pieds sur terre alors qu’il baigne déjà dans le grand bassin. Ce sens des responsabilités se traduit aussi sur le terrain par un leadership naturel. Lors d’ateliers organisés par la FFR pour dévoiler les potentiels dans ce domaine, il avait su prendre les devants et montrer son côté meneur d’hommes.
Quand il ne travaille pas ses sorties de balle, Simon Daroque est un amoureux du sport de manière transversale. Pala, volley, badminton… L’été est pour lui un terrain de jeu multidisciplinaire où il exprime une adresse innée. Cette polyvalence athlétique nourrit son jeu de rugby, lui offrant une coordination et une réactivité précieuses dans les zones de chaos. Alors que le Stade toulousain continue de puiser dans son « cœur du réacteur », à savoir la formation, pour régner sur l’Europe, Simon Daroque apparaît comme l’un des nouveaux visages de cette relève dorée. Le chemin est encore long, mais l’enfant du Football Club Villefranchois semble avoir le moteur.
Simon Daroque
Age : 20 ans
Poste : demi de mêlée
Club : Stade toulousain
Taille : 1,75m
Poids : 74 kg