Cette mesure, qui restera en vigueur jusqu’au 31 juillet 2026, a été directement ordonnée par le vice-Premier ministre russe Alexander Novak au ministère de l’Énergie, rapporte Bloomberg. Depuis le début de la guerre, le prix du baril du pétrole russe (Urals) a en effet connu une augmentation impressionnante, atteignant les chiffres de 2022, avant l’invasion.
Le prix du pétrole russe explose depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. ©Crude OilQui seront les plus impactés ?
Selon les données compilées par Bloomberg, les exportations d’essence russe s’établissent en moyenne autour de 100 000 barils par jour. Si ce volume reste modeste comparé à la demande mondiale, cette interdiction risque de ne pas arranger la situation de certains pays, notamment en Asie.
En effet, alors que le détroit d’Ormuz reste de facto bloqué par l’Iran, 90 % des exportations de pétrole à destination de l’Asie, passent par ce détroit. Ces pays sont donc les premiers touchés par ce blocage qui dure depuis environ un mois. Si certains pétroliers, notamment Chinois ou Indiens, ont toutefois réussi à traverser le détroit, des milliers d’autres sont toujours bloqués dans les eaux du détroit. Dans certains pays, comme aux Philippines ou au Sri Lanka, les gouvernements ont déjà demandé aux employés de travailler à domicile ou de réduire la semaine de travail, pour tenter de limiter les dégâts.
La Russie est un partenaire clé pour plusieurs de ces pays, en matière d’exportation de pétrole, notamment l’Inde et la Chine. Cette nouvelle mesure pourrait donc mettre à mal certains États déjà en difficulté… Toutefois, il est difficile d’évaluer précisément leur dépendance, car une partie des approvisionnements transitent via des flottes dites « fantômes », sous radar, ce qui rend la quantité exacte de pétrole importé difficile à déterminer.
La guerre au Moyen-Orient… et les frappes ukrainiennes
Ce n’est pas la première fois que la Russie applique une interdiction d’exportation. En effet, au lendemain de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022, le pays a connu de nombreuses pénuries d’essence. Plusieurs attaques ukrainiennes, menées en représailles à la guerre, ont visé plusieurs sites énergétiques, ce qui avait entraîné une hausse du pétrole dans plusieurs régions russes et certaines raffineries avaient fortement été perturbées. Selon le Kyiv Independent, la pénurie était particulièrement grave en Crimée occupée, où la moitié des stations-service avait dû interrompre leurs ventes d’essence.
La très efficace campagne de frappes ukrainiennes contre les sites pétroliers russes
Par ailleurs, ces derniers jours, l’Ukraine a lancé une campagne de frappes contre plusieurs importants sites pétroliers russes, mettant à mal plusieurs grandes installations d’hydrocarbures. Selon les médias ukrainiens, actuellement 40 % de la capacité d’exportation de pétrole de la Russie est actuellement interrompue, un niveau historiquement bas.