En trois ans, le Royaume-Uni a versé plus de 540 millions d’euros à la France, en échange de patrouilles et d’opérations policières, explique la correspondante de RFI à Londres, Emeline Vin. Ces fonds versés dans le cadre du traité de Sandhurst de 2018 ont permis d’empêcher 42 000 migrants de traverser la Manche et d’arriver illégalement en Angleterre, selon les autorités britanniques.

Insuffisant pour le Home Office, ministère de l’Intérieur britannique, car les traversées de la Manche à bord de small boats ont quand même augmenté sur cette période. La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood souhaite donc « en avoir plus pour son argent » : inclure une clause d’efficacité, en conditionnant l’argent versé au nombre de traversées empêchées. Pour le moment la France y est opposée, craignant de créer des conditions dangereuses pour les migrants et pour les officiers.

Les deux pays ont donc maintenant deux mois pour se mettre d’accord. Le Royaume-Uni a accepté de payer une rallonge de 18 millions d’euros. Malgré la charge financière de l’accord, le gouvernement a besoin de l’aide de la France dans la Manche. Les arrivées clandestines sont un sujet électoral très épineux ; le gouvernement travailliste en a fait un marqueur dans un contexte de droitisation de la politique britannique.

Ce 1er avril 2026, deux migrants sont morts lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche au large de Gravelines, a annoncé la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord en France.

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