La huitième édition de la Quinzaine franco-allemande en Occitanie débute ce jeudi 2 avril. Présidente de la Fondation Groupe Dépêche, Marie-France Marchand-Baylet en est à l’initiative.

Pourquoi s’engager dans le dialogue franco-allemand ?

Parce que l’Allemagne et la France représentent à elles deux un tiers de la population européenne soit plus de 150 millions d’habitants, et que ces deux pays, fondateurs, représentent le cœur battant de cette Europe, dont la construction est indispensable à la Paix pour les générations futures. Il y a neuf ans, à la veille des élections européennes de 2019, j’observais déjà la montée des populismes et le rejet de l’Europe. Il m’a semblé qu’avec la large communauté allemande à Toulouse grâce à la présence d’Airbus, la plus belle réussite de la construction d’une Europe qui gagne, et le jumelage de Montpellier avec Heidelberg, le plus ancien jumelage d’une ville française avec une ville allemande, l’Occitanie était bien placée pour faire vivre l’amitié entre nos deux peuples.

Comment est née l’idée de la Quinzaine franco-allemande en Occitanie ?

C’est lors d’un entretien dans mon bureau avec l’Ambassadeur d’Allemagne de l’époque, Nikolaus Meyer-Landrut, début 2018, qu’est née cette idée. Je lui ai proposé un événement qui serait culturel, éducatif, citoyen, économique, qui existerait chaque année pour resserrer nos liens et mieux faire connaître nos cultures, nos similitudes et nos différences aux jeunes générations. Lorsqu’on se connaît, on s’apprécie mieux et on se comprend mieux. Il a tout de suite adhéré à l’idée. Plus de 200 événements dès la première année, cela prouvait qu’il y avait une réelle envie de nos concitoyens.

Comment avez-vous mobilisé les premiers partenaires ?

Le premier partenaire et le plus fort a été, tout de suite, la Région. Lorsque j’ai appelé la Présidente Delga, elle a immédiatement adhéré au projet, avec enthousiasme. C’est une vraie Européenne. Le défi ensuite a été de convaincre les partenaires institutionnels. Mais lorsqu’on croit à un projet juste, on lève les montagnes et on attire les énergies positives. Nous avons ouvert la première session à la Leadership University d’Airbus avec Guillaume Faury, le Président, et 200 personnalités de tous horizons.

Selon vous, pourquoi le dialogue franco-allemand reste-t-il essentiel aujourd’hui ?

Le dialogue entre la France et l’Allemagne est plus nécessaire que jamais. Il n’est qu’à observer malheureusement les chaos de notre Monde, la guerre depuis 4 ans sur le sol européen et tout ce que cela a engendré comme souffrances et destructions. Nous devons nous lever contre cela, chacun à notre place.

Quel impact concret la Quinzaine a-t-elle eu sur les territoires d’Occitanie ?

Des échanges éducatifs renforcés, des dialogues économiques et surtout des rencontres citoyennes entre les Occitans qui sont sensibles à l’amitié avec nos « cousins germains », et à la construction européenne. Je pense que ce rendez-vous annuel renforce ce sentiment d’appartenance ou de prise de conscience.

Avez-vous un exemple de projet ou de rencontre marquante issue de cette initiative ?

J’en ai plusieurs. La première année, le DRAC de l’époque, Laurent Roturier, avait eu la judicieuse idée de louer une péniche et de la faire circuler pendant la Quinzaine de Toulouse à Sète. Sur la péniche, exposition de photos, lectures et le soir fête à chaque escale. Il y avait de la joie de vivre dans ces rencontres. N’est-ce pas un très beau symbole ?

Un autre exemple, nous avons clôturé sur le parvis de l’Hôtel de Région de Montpellier avec tous les porteurs de projets par une soirée bavaroise. C’était festif, joyeux, les gens étaient heureux de se rencontrer, Allemands comme Occitans. Et je pourrais vous en donner bien d’autres, ce sont ces moments, dans un monde si chahuté, qui font la force de la Quinzaine.

Comment impliquez-vous les jeunes générations dans cette dynamique ?

Il y a pendant cette période une très riche activité, notamment dans les lycées grâce à la Région. Et également de nombreux échanges d’élèves. Il est important de souligner l’impact important de l’apprentissage. De jeunes Occitans vont se former en Allemagne, ainsi, ils apprennent un métier, mais également une culture, une langue et un art de vivre. Mieux se connaître pour mieux se comprendre.

En quoi la culture est-elle un levier puissant pour rapprocher les peuples ?

On peut ne pas parler la même langue, ne pas avoir la même couleur de peau, ni la même culture, mais devant une œuvre d’Art, on peut avoir la « même émotion ». C’est ce que m’enseignait mon grand-père dans mon enfance. Oui, trois fois oui, la culture est le socle de la civilisation qui construit le lien entre les peuples.

Comment sélectionnez-vous les événements et les thématiques de chaque édition ?

Le comité de pilotage de la Quinzaine sélectionne les événements et les labellisent. Ils doivent être déposés sur notre site et les porteurs de projets doivent en assurer le financement. Ils doivent comprendre notre volonté de rassemblement. Nous avons dès le départ dédié la Quinzaine à la jeunesse et à l’avenir.

Quel rôle jouent les institutions, les collectivités et les acteurs locaux ?

La Région est très présente depuis l’origine, la Mairie de Montpellier de par son histoire avec Heidelberg également. Il y a par ailleurs 72 jumelages en Occitanie, donc une vraie richesse au niveau des collectivités grandes et petites. Et nous souhaitons que d’autres jumelages naissent de cette énergie commune.

Si vous deviez imaginer la Quinzaine idéale dans dix ans, à quoi ressemblerait-elle ?

Avant de voir si loin, parlons du 10e anniversaire de la Quinzaine en 2028, dont j’espère qu’elle sera une grande fête de l’Amitié et de Paix. J’encourage dès à présent, celles et ceux qui le souhaitent à nous rejoindre, et je remercie toutes celles et ceux qui font vivre, bénévolement, cette jolie aventure humaine.

Contact : www.fondationgroupedepeche.fr

Programme sur : www.15francoallemandeoccitanie.fr/lagenda/