Il part, mais restera un membre apparenté du groupe à l’Assemblée nationale. Le député de Gironde Loïc Prud’homme a annoncé qu’il quittait La France insoumise en raison de « divergences d’appréciation de la stratégie déployée depuis 2022 » par la formation de la gauche radicale, a-t-il expliqué mercredi à l’AFP.

« Aujourd’hui, je quitte le mouvement, non sans amertume, mais sans regret », écrit le député, qui faisait partie des 17 premiers élus LFI arrivés à l’Assemblée en 2017, dans un message adressé la semaine dernière à ses camarades militants de la Gironde et révélé par l’Opinion.

« Je n’ai jamais fait mystère de mes divergences d’appréciation de la stratégie déployée depuis 2022 ni de mon avis sur les saillies répétées de Jean-Luc Mélenchon, dont les plus récentes », explique-t-il. Jean-Luc Mélenchon est notamment critiqué pour avoir ironisé sur la prononciation de patronymes juifs.

Des attaques « répétées » contre LFI

« Hormis le fait qu’il me semble que c’est préjudiciable pour porter nos idées au niveau où elles devraient être aujourd’hui, je constate que cela sape le travail militant de terrain », ajoute l’élu, qui était candidat aux municipales à Bègles (Gironde), où il est arrivé en troisième position.

Loïc Prud’homme, réputé proche de l’ex-insoumis François Ruffin, dit avoir « essayé de porter cette alerte en interne, évidemment sans succès ». Mais il ajoute ne pas être « dupe des attaques violentes et répétées contre LFI de tous les chiens de garde de l’ultralibéralisme en vogue ». Il continuera de siéger au sein du groupe insoumis, où il « reste apparenté », a-t-il précisé à l’AFP.

Pour l’ex-députée insoumise Raquel Garrido, Loïc Prud’homme avait travaillé, pour les municipales à Bègles, « à un programme commun avec le maire sortant écolo. Puis, les consignes sont arrivées : la division était la ligne stratégique de la direction nationale LFI ainsi que de la fédération girondine du PS ».

Résultat, « la fusion de dernière minute entre les listes Union de la gauche (38 %) et LFI (17 %) n’a pas pu compenser les mois d’hostilité et d’égarement. La droite a pris Bègles », a-t-elle rappelé sur X. « Prud’homme, qui a appliqué les consignes, en a directement éprouvé les limites », conclut-elle.