MIGUEL MEDINA / AFP
Le député de Gironde Loic Prud’homme photographié en février 2024 lors des questions au gouvernement (Photo MIGUEL MEDINA / AFP)
Il y a des détails qui en disent long. Celui figurant sur la fiche du député Loïc Prud’homme sur le site de l’Assemblée nationale est de ceux-là. Réélu en 2024 député de la 3e circonscription de Gironde avec l’étiquette La France insoumise, l’intéressé est désormais « apparenté au groupe » présidé par Mathilde Panot. Ce qui signifie qu’il n’est plus, officiellement, un député LFI mais un élu libre siégeant aux côtés des troupes insoumises.
Auprès de Libération qui a repéré ce changement au Journal officiel, cet adepte du béret confirme vouloir prendre ses distances avec ses anciens camarades. « Effectivement, j’ai rendu ma “carte” à LFI pour désaccord stratégique », explique celui qui a fait son entrée à l’Assemblée nationale en 2017. Loïc Prud’homme souligne aussi une « lassitude » à l’égard des « petites phrases » prisées par les disciples de Jean-Luc Mélenchon.
« Se taire est une faute »
Dans un message envoyé dans la boucle des députés LFI et révélé par L’Opinion, le girondin explique les raisons de son retrait. « Je n’ai jamais fait mystère de mes divergences d’appréciation de la stratégie déployée depuis 2022 ni de mon avis sur les saillies répétées de Jean-Luc Mélenchon », écrit-il, jugeant que ce positionnement est « préjudiciable » aux idées qu’il porte et « sape le travail militant de terrain ».
La lecture de ce contenu est susceptible d’entraîner un dépôt de cookies de la part de l’opérateur tiers qui l’héberge. Compte-tenu des choix que vous avez exprimés en matière de dépôt de cookies, nous avons bloqué l’affichage de ce contenu. Si vous souhaitez y accéder, vous devez accepter la catégorie de cookies “Contenus tiers” en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Lire la Vidéo
« J’ai essayé de porter cette alerte en interne, évidemment sans succès. Je l’ai fait sans être dupe des attaques violentes et répétées contre LFI de tous les chiens de garde de l’ultra-libéralisme en vogue, et je prends la mesure de ma décision. Quand parler est utile se taire est une faute, pour paraphraser Lechard. C’est aussi cela être insoumis », poursuit-il.
Conséquence mathématique, cette décision fait passer le groupe LFI de 70 à 69 membres, le député rejoignant Aymeric Caron dans la catégorie « apparenté ». À noter que ces prises de distances sont rares en terres insoumises, où la loyauté est perçue comme un préalable à l’action politique et le désaccord exprimé en public comme un début de traîtrise. Celles-ci sont parfois annonciatrices de divorces douloureux, en témoigne le sort réservé à ces anciens insoumis, coupables d’avoir exprimé à haute voix des divergences avec le mouvement, comme Alexis Corbière, Raquel Garrido, et Danielle Simonnet.