Les marchés ont terminé en forte hausse mercredi tandis que le gouvernement américain envisage une fin du conflit au Moyen-Orient dans les prochaines semaines.
Le revirement de mercredi sur les marchés est à l’image de la volatilité exacerbée des dernières semaines. Les Bourses européennes ont retrouvé de belles couleurs. Les investisseurs veulent croire aux promesses du président américain. Mardi en fin de journée, Donald Trump a affirmé que les États-Unis «partiraient» d’Iran dans «deux ou trois semaines» .
À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 2,10% à 7981,27 points, après avoir repassé le seuil des 8000 points en séance. Entre le 27 février, à la veille de l’ouverture des hostilités et son point bas du 20 mars, le CAC 40 avait abandonné environ 13%. Depuis il a regagné près de 4%, les marchés voulant croire à un conflit limité dans le temps.
Francfort s’est adjugé 2,73%, Londres 1,85%, Milan 3,17% et l’Eurostoxx 600 2,41%. Wall Street qui avait déjà salué la nouvelle mardi, avec un bond de près de 3% du S&P 500 et de 3,5 % du Nasdaq, poursuivait néanmoins sa marche en avant. Le S&P 500 avançait de 0,93% en séance mercredi et le Nasdaq de 1,38%.
Après avoir flambé ces derniers jours, les cours du pétrole ont dégringolé. Le baril de brent de la mer du Nord, la référence mondiale, est passé de plus de 118 dollars mardi à moins de 100 dollars dans la journée de mercredi. «Cela ressemble à un véritable rebond de soulagement après plusieurs semaines d’extrême tension», note John Plassard, associé, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion. Le marché a également réagi «à des signaux d’ouverture du côté iranien», ajoute John Plassard. Selon des sources iraniennes, le président du pays Masoud Pezeshkian aurait en effet déclaré être « prêt à cesser la guerre » à condition d’obtenir des assurances contre une attaque ultérieure et une compensation des dommages infligés au pays.
Un rebond fragile
Pour les spécialistes, ce rebond doit toutefois être relativisé. Il intervient en effet après un mois de mars extrêmement volatil. Pour Mabrouk Chetouane, directeur de la stratégie de marchés internationaux chez Natixis IM, «le marché est conscient que le conflit est certainement loin d’être terminé, mais il pense que le pic a peut-être été atteint». Pour Cité Gestion, «le marché n’anticipe pas encore une résolution du conflit mais simplement une éventuelle désescalade». Selon la société de gestion, «tant que le détroit d’Ormuz reste perturbé, le risque énergétique demeure intact.» Un avis partagé par les analystes de Natixis qui estiment que la «clé reste l’ouverture durable du détroit d’Ormuz».
Jerome Powell a également participé à rassurer les investisseurs. En début de semaine, le président de la Fed a déclaré qu’une remontée des taux directeurs n’était pas envisageable en cas de choc pétrolier. Ces derniers temps, les marchés redoutaient un coup de frein de la Fed pour lutter contre un probable regain d’inflation alimenté par l’envolée des cours du pétrole et du gaz. Les rendements obligataires se sont également détendus ces dernières heures. Sur le marché de la dette, mercredi, le taux d’intérêt sur les emprunts français à dix ans reculait à 3,65%, contre 3,72% la veille.