À ce stade, près d’un mois après le début de la guerre en Iran, il n’y a aucun risque de rupture d’approvisionnement en carburant en France, a assuré la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon. Dans le même temps, les prix à la pompe grimpent. Le Sans-Plomb 95 a dépassé les deux euros, un seuil franchi depuis plusieurs semaines par le gazole.

Selon les données du gouvernement, qui rend accessible les informations des stations-service en temps réel, 541 stations affichent au moins un carburant en rupture de stock à 17 h mercredi 1er avril 2026. Cela représente 5,5 % des 9 836 stations disponibles dans ce recensement.

« Nous sommes moins chers, les gens le savent »

La plupart des lieux en manque appartiennent au groupe TotalEnergies, qui a mis en place un prix plafond – annoncé jusqu’au 1er avril, puis prolongé jusqu’au 7 avril – qui a produit l’effet escompté : attirer les clients. Il y a de l’affluence, confirme l’entreprise à Ouest-France. Nous sommes les moins chers actuellement. Les gens le savent. En ce début de semaine nous avons livré deux fois plus de volume de diesel dans nos stations qu’une semaine classique.

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Et à chaque fois que les cuves sont pleines, les automobilistes semblent affluer, profitant notamment des applications qui diffusent les disponibilités en temps réel. Mais, sur l’ensemble du marché, on estime que la consommation de carburant au mois de mars est en baisse de 20 % par rapport aux habitudes, calcule un acteur de la grande distribution. À date donc, rien ne laisse présager une pénurie de carburant.

Une consommation réduite depuis la mi-mars

Nous avons constaté une forte hausse de la consommation de carburant sur les quatre premiers jours du conflit en Iran. Ensuite, les Français ont réduit leurs déplacements ou privilégié les transports en commun ou le covoiturage, illustre le groupe Intermarché auprès de Ouest-France. Une différence nette entre le début et le milieu du mois de mars confirmée par le comité professionnel du pétrole (CPDP).

Impossible en revanche de se prononcer sur l’évolution du prix à la pompe dans les prochains jours comme dans les prochaines semaines. Le marché est extrêmement volatil, rappelle le groupe Intermarché. Mercredi soir, le prix du baril de Brent flirtait avec les 102 dollars.