Aucune des armées, russe ou ukrainienne, n’est encore parvenue à réaliser une percée décisive sur le champ de bataille depuis le début du conflit. Les forces ukrainiennes tiennent bon et continuent de repousser les troupes russes dans les zones occupées. « Les deux camps cherchent à priver leur adversaire de toute liberté de mouvement, non seulement sur 30 kilomètres de part et d’autre de la ligne de contact, mais jusqu’à 300 kilomètres », a expliqué James Everard, ancien commandant suprême adjoint des forces alliées en Europe de l’OTAN.

Il a ensuite ajouté : « Celui qui domine en profondeur peut asphyxier l’autre en coupant l’approvisionnement et les renforts. C’est là l’enjeu de la guerre ». C’est pourquoi la Russie s’apprête à intensifier les combats en lançant une offensive de grande envergure durant le printemps. Une décision stratégique qui souligne que Vladimir Poutine est encore loin d’atteindre les objectifs qu’il s’est fixés dans cette guerre qui a commencé il y a cinq ans.

Une offensive russe qui pourrait faire de nombreuses victimes

Selon une source proche du Kremlin et de la situation sur le front, citée par le média américain Bloomberg, l’armée russe se préparerait à une nouvelle offensive, notamment parce que « sans une avancée significative dans les négociations, le conflit pourrait se prolonger d’un an ou deux ». Mais même avec ce nouvel assaut, les progrès réalisés par les forces russes pourraient être minimes car elles ne peuvent pas percer le dispositif de défense anti-drones ukrainien, a précisé une autre source.

De son côté, l’Ukraine s’attend à ce que cette offensive survienne en avril et en mai, et qu’elle vise les villes fortifiées de Sloviansk et Kramatorsk, dans la région orientale de Donetsk, afin de renforcer la position de Moscou dans les négociations de paix. « Malheureusement, l’incapacité de la Russie à percer nos défenses signifie que l’attention se portera probablement sur la destruction des infrastructures critiques de l’Ukraine », a indiqué Mykola Bielieskov, chercheur à l’Institut national d’études de sécurité de Kyiv.

Le conflit au Moyen-Orient impacte la guerre en Ukraine

La hausse des prix du pétrole liée au conflit au Moyen-Orient fournit à Moscou des revenus considérables, qui lui permettent de financer plus facilement l’invasion de l’Ukraine. Or, »l’amélioration de la situation économique de la Russie entraînera ‘un recrutement et des acquisitions militaires plus importants que prévu' », décrypte Nick Reynolds, chercheur en guerre terrestre au Royal United Services Institute de Londres, auprès de Bloomberg.

Parallèlement, le gouvernement ukrainien doit composer avec le risque d’un ralentissement des livraisons d’armes américaines, notamment de missiles de défense aérienne, car une partie des stocks pourrait être redirigée vers l’Iran. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est d’ailleurs félicité ce lundi 30 mars 2026 d’accords « historiques » en matière de coopération sécuritaire et de défense aérienne scellés avec des pays du Golfe lors de sa tournée dans cette région.

« L’Ukraine n’a jamais eu auparavant de tels accords dans cette région », a-t-il souligné avant de préciser qu’il s’agissait de documents signés pour dix ans. Il a également déclaré avoir signé un accord portant sur plus d’un an de fourniture de diesel lors de visites en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, sans donner plus de précisions.