Voilà un marché qui se porte bien. En Ille-et-Vilaine, les prix des biens situés sur la côte d’Émeraude – Saint-Malo, Dinard, Saint-Briac, Cancale… – continuent d’affoler les compteurs. Selon les chiffres publiés par la Chambre des notaires de l’Ouest, mercredi 1er avril, les prix médians (la moitié des transactions se sont faites au-dessus, la moitié en dessous) sur le littoral ressortent, fin 2025, à 4 740 €/m² pour les appartements anciens, 5 410 €/m² pour les appartements neufs et 380 000 € pour les maisons anciennes, le cœur du marché.

Si les prix sont en baisse sur un an pour les appartements (-2,7 % dans l’ancien et -4,6 % dans le neuf), ils restent stables pour les maisons. Et font du littoral bretillien l’une des zones les plus haut de gamme de Bretagne, prisées aussi bien pour de la résidence principale que pour du secondaire. Certaines communes montent très haut en termes de prix : pour une maison ancienne, comptez 560 000 € à Saint-Briac, 540 600 € à Saint-Lunaire, 479 900 € à Dinard et 443 200 € à Saint-Malo. Soit bien plus que dans l’ensemble du département (243 000 €) et de la région (230 000 €) ou à Rennes, où les maisons sont rares et donc chères (440 000 €).

+ 30 % en cinq ans

« Par rapport au reste de l’Ille-et-Vilaine, les prix sont très élevés sur le littoral », confirme Anne-Sophie Louis, notaire à Cesson-Sévigné (35), près de Rennes. Pour elle, ce marché est très spécifique : « on voit souvent que ce qui se passe dans les terres arrive ensuite au bord de mer » et pas forcément « au même niveau ». De fait, la dégringolade du nombre de transactions constatées dans l’ensemble du pays en 2023 et 2024, et la baisse des prix qu’elle a entraînée, n’a pas été aussi importante sur le littoral bretillien. Côté prix, les propriétaires de la côte d’Émeraude sont loin d’être lésés. En cinq ans, le prix des appartements a augmenté d’environ 25 % et celui des maisons de plus de 30 %. Sur 10 ans, il a bondi près de 66 % pour les appartements anciens, de 42 % dans le neuf et de… 90 % pour les maisons anciennes. « C’est un record en Bretagne, je pense », estime Anne-Sophie Louis (le Morbihan est juste derrière avec + 86, 3 %).

Durée de détention plus élevée

La situation est due à plusieurs facteurs. « Sur le littoral, les résidents sont plus aisés, moins dépendants du crédit et souvent prêts à attendre le « bon moment » pour vendre comme pour acheter », indique Nicolas Bosquet, de la Chambre des notaires de l’Ouest. Le nombre élevé de résidences secondaires joue également, tout comme le poids et le dynamisme économiques de Saint-Malo et la faiblesse des volumes de biens à vendre, sur un territoire peu étendu (une centaine de km de côte), où les meublés touristiques ont fleuri ces dernières années et où la durée de détention est un peu plus élevée qu’ailleurs (12 ans et 9 mois, contre 12 ans en moyenne en Bretagne). Un cocktail qui crée de fortes tensions, notamment pour les actifs qui travaillent à Saint-Malo et souhaitent pouvoir se loger sur le territoire.