Spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la lecture des mammographies, Therapixel développe des outils destinés à assister les radiologues dans le dépistage du cancer du sein. Installée à Nice, où elle développe sa techno, elle structure aujourd’hui de plus en plus ses activités, tout en maintenant son ancrage régional. « Nous avons toujours nos bureaux à Nice, avec une forte activité de R&D, et nous continuons de recruter », indique Matthieu Leclerc-Chalvet, CEO de l’entreprise. La société compte aujourd’hui une cinquantaine de collaborateurs, dont une quarantaine en France et le reste aux États-Unis, un marché devenu central dans sa stratégie.

de nice aux etats unis therapixel s impose dans le depistage du cancer du sein 2L’équipe de Therapixel.

Car c’est précisément outre-Atlantique que Therapixel a enregistré ses avancées les plus marquantes depuis sa série B en 2022. L’entreprise a signé plusieurs contrats avec des acteurs de premier plan, à commencer par la Mayo Clinic, régulièrement classée parmi les meilleurs systèmes hospitaliers au monde, qui a déployé sa solution dans l’ensemble de ses établissements. Elle a également conclu des accords avec des réseaux spécialisés en mammographie, comme Onsite Women’s Health, qui regroupe aujourd’hui plusieurs dizaines de centres aux États-Unis. À cela s’ajoute un partenariat structurant avec Hologic, entreprise spécialiste des équipements de mammographie, qui assure la distribution de sa solution sur le territoire américain. « Aujourd’hui, nous avons une très bonne couverture du marché et nous sommes en phase d’accélération », résume Matthieu Leclerc-Chalvet.

Un contexte politique incertain

Cette expansion ne s’est toutefois pas faite sans inquiétudes. L’évolution du contexte politique américain a un temps suscité des interrogations, notamment sur les politiques de santé liées aux femmes. « Il y a eu un moment d’incertitude, car certains programmes de recherche ont été stoppés dès lors qu’ils concernaient les femmes », explique Matthieu Leclerc-Chalvet. Une situation qui aurait pu impacter indirectement l’écosystème du dépistage. Finalement, les programmes liés au cancer du sein ont été maintenus, permettant à l’activité de Therapixel de se poursuivre sans conséquence directe. « Aujourd’hui, les choses sont sécurisées, mais il y a un an, nous n’en étions pas totalement sûrs ».

En parallèle de ce développement international, la medtech consolide sa position en France, son autre marché prioritaire. « Entre 25 et 30% des femmes en France bénéficient aujourd’hui de l’intelligence artificielle lors de leur mammographie de dépistage, et dans environ 60% des cas, il s’agit de notre solution », précise le CEO. Une progression notable sur un marché encore peu concurrentiel, où l’entreprise s’est imposée comme un acteur de référence.

Une technologie en constante évolution

Sur le plan technologique, Therapixel poursuit l’amélioration de sa solution MammoScreen, désormais basée sur une quatrième génération d’algorithmes. Contrairement à l’IA générative popularisée ces dernières années, la société s’appuie sur des modèles spécialisés en imagerie médicale, conçus pour gagner en précision et en fiabilité. Les développements récents visent aussi à alléger la charge de travail des radiologues, notamment grâce à des outils de pré-rédaction des comptes rendus. « L’objectif est de simplifier les tâches répétitives, sans automatiser complètement », souligne Matthieu Leclerc-Chalvet.

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L’entreprise travaille par ailleurs déjà sur de nouvelles applications, notamment en matière de médecine personnalisée. L’enjeu est simple : utiliser les images médicales pour prédire le risque de cancer à moyen terme et adapter plus finement le parcours de soins des patientes. « L’idée est de dépasser les critères classiques pour aller vers une approche plus individualisée », explique le dirigeant. Ces travaux, menés notamment en collaboration avec l’Institut Curie, pourraient à terme ouvrir la voie à des usages en oncologie, notamment pour anticiper la réponse aux traitements. Dans un contexte de pression croissante sur les systèmes de santé et de besoin accru en imagerie médicale, Therapixel entend poursuivre son développement en s’appuyant sur ces avancées.