Lors d’une conférence de presse ce jeudi 2 avril, le procureur de Reims François Schneider annonce que deux adolescents ont été interpellés et sont passés au aveux concernant le meurtre de deux septuagénaires. La petite-fille des victimes, âgée de 16 ans, et son petit ami de 15 ans ont reconnu les avoir tué à l’arme blanche après avoir prémédité leur passage à l’acte.
Deux jours après la découverte des corps de deux septuagénaires tués dans les Ardennes, deux adolescents ont été mis en examen pour « assassinat », annonce le procureur de Reims (Marne) lors d’une conférence de presse ce jeudi 2 avril. La petite-fille des victimes, âgée de 16 ans et son petit ami de 15 ans sont passés aux aveux lors de leur garde à vue, reconnaissant les avoir tués à l’arme blanche.
Mardi, les secours ont été avertis de la disparition des deux retraités, qui n’avaient pas donné signe de vie depuis deux jours. Les pompiers se rendent chez eux et découvrent d’abord une maison vide. Ils contactent alors la police nationale qui se déplace et constate des traces de sang dans un escalier menant du rez-de-chaussée au 1er étage.
Dans la cave, ils découvrent un amas d’objet d’où dépasse une jambe humaine, relate le procureur, François Schneider. « Les corps des deux grands-parents ont été extraits de la cave. La cause criminelle ne faisait aucun doute », poursuit-il.
L’autopsie révèlera que les deux victimes ont été tuées à l’arme blanche. Diverses plaies ont été retrouvées sur le corps du retraité âgé de 74 ans, dont une à l’arrière du thorax qui est la cause de la mort par hémorragie. Sa compagne présente elle aussi plusieurs plaies, dont deux thoraciques « mortelles », précise François Schneider. Sur place, les enquêteurs ont par ailleurs retrouvé un couteau ayant une lame de 21 centimètres qui, selon le médecin légiste, peut correspondre à l’arme utilisée pour commettre les crimes.
Leur petite-fille au cœur des soupçons
Les soupçons se tournent rapidement vers la petite-fille des septuagénaires, puisque ces derniers l’hébergeaient au moins depuis 2024, sa mère étant dans l’incapacité de s’en occuper. Si la jeune fille de 16 ans attire leur attention, c’est qu’elle ne s’est pas présentée au lycée lundi et qu’elle semble être la seule à se désintéresser de leur disparition, note le procureur.
En visionnant des images de vidéosurveillance d’une galerie commerciale située non loin, les policiers la repèrent en compagnie de son petit ami de 15 ans, achetant « des smartphones haut de gamme, avec une liasse de billets de banque à la main », raconte-t-il encore.
Tout comprendre de la protection judiciaire des mineurs
Le couple d’adolescents est finalement interpellé mardi peu après 14 heures dans une friche industrielle de Sedan où ils avaient pour habitude de se rejoindre avant les faits. Ils sont immédiatement placés en garde à vue.
« De façon générale ils ont reconnu très rapidement être les responsables de la mort des grands-parents de la victime, crime qui aurait été prémédité », indique François Schneider. Cela explique pourquoi les faits ont été requalifiés en « assassinats » alors que l’enquête était au départ menée pour « homicides volontaires ».
Un acte prémédité
Fait notable: les enquêteurs qui ont interrogé les deux adolescents et qui ont recueilli leurs aveux ont été frappés par leur froideur, explique encore le procureur de Reims, lors de sa conférence de presse: « On peut quand même noter qu’aussi bien les enquêteurs que les magistrats du parquet qui ont eu à les interroger ont été frappés par leur absence complète d’émotion et leur froideur général, hormis quelques pleurs. »
Tout comme son petit ami, la jeune fille s’est contentée de se dire « triste », promettant de ne pas recommencer.
François Schneider est revenu par ailleurs plus en détail sur les circonstances de leur passage à l’acte, qui semble avoir été préparé depuis 15 jours, sur une idée de l’adolescente, qui a expliqué avoir dissimulé pour cela des couteaux dans un carton, sous son lit.
Celle-ci a par ailleurs détaillé aux enquêteurs s’être à plusieurs reprises disputées avec ses grands-parents, ces derniers n’acceptant pas sa relation avec son petit ami. Sa grand-mère, dit-elle, lui aurait déjà asséné des gifles au cours de confrontations sur le sujet. « Ce n’était pas la meilleure relation possible pour les grands-parents de cette jeune fille, désignés comme tiers de confiance », explique encore François Schneider, qui précise que les deux adolescents se fréquentaient depuis quelques mois.
Plusieurs coups de couteau
Selon le récit des deux mis en cause, le jeune homme est parvenu à entrer dans la maison dimanche, à l’insu des grands-parents. Le lendemain matin, la septuagénaire s’aperçoit de la présence du petit ami dans la chambre de sa petite-fille. Cette dernière se serait alors emparée d’un couteau et l’aurait poignardée à deux reprises, provoquant sa chute dans les escaliers.
Alerté par les cris, le grand-père de la mise en cause a alors accouru et a, lui, reçu des coups de couteau ainsi que des coups de pied de la part du jeune homme de 15 ans.
Après avoir constaté le décès des retraités, le couple aurait ensuite entrepris de tout nettoyer, avant de dissimuler les corps des victimes dans la cave. « En fouillant la chambre des grands-parents, ils sont tombés sur une boîte qui contenaient des espèces et sont allés acheter des smartphones », indique encore François Schneider.
Une peine de 20 ans de réclusion encourue
Le procureur a également fait un point sur le profil des deux adolescents. Si la jeune fille n’était jusqu’ici pas connue sur le plan pénal, elle était cependant suivie en assistance éducative par un juge pour enfants.
Son petit ami, au contraire, était déjà connu de la justice pour des faits de violence avec arme, commis en septembre 2025. Pour ces faits, il doit être jugé le 10 avril prochain.
À l’issue de leur garde à vue, les deux mis en cause ont été déférés en vue de leur mise en examen pour « assassinats ». Pour ces faits, ils encourent une peine 20 ans de réclusion criminelle si l’excuse de minorité est retenue.