Par
Fabien Binacchi
Publié le
2 avr. 2026 à 17h39
Ils ont accompagné des générations de Marseillais dans les moments inoubliables de leur vie. Lorsqu’ils se disaient « oui » ou quand ils baptisaient les petits… Christiane et Frédéric Zamatian, la reine et le roi de la dragée et du chocolat de cérémonie, étaient là. Mais, aujourd’hui à 74 et 71 ans, le cœur forcément serré, c’est terminé. Ils plient boutique. Nouchig, leur bébé, véritable institution gourmande de la cité phocéenne, baisse définitivement le rideau après 36 années de gourmandises qui ont laissé des traces.
Dans le souci du détail
Ce jeudi 2 avril, la caisse enregistreuse a été débranchée. Les vitrines, jadis colorées de dizaines de références différentes, sont vides. Les derniers stocks ont été soigneusement triés. Les derniers cartons sont évacués. À deux pas du Vieux-Port, au 45 rue Vacon, dans le 1er arrondissement de Marseille, une page se tourne.
« Nouchig, ça veut dire ‘petite amande’ en arménien. On cherchait un nom qui nous ressemble », rembobine Christiane. C’était en 1990. Après des années passées dans l’univers de la dragée, notamment avec des fabricants de packagings conçus pour cette petite confiserie, les Zamatian ouvraient leur boutique à eux.
Toujours dans le souci du détail. « Au-dessus, il y avait notre atelier de couture dans lequel on confectionnait les emballages, en tissu notamment », raconte-t-elle encore.
« Beaucoup de beaux souvenirs »
« Nous avons aussi travaillé avec de très grands chocolatiers : d’abord Claude Charpentier, de Bourg-en-Bresse, puis un meilleur ouvrier de France, le bourguignon Fabrice Gillotte », appuie Frédéric, pas peu fier d’avoir eu « la seule boutique du pays à avoir distribué son chocolat. » Autant de gourmandises raffinées qui ont édulcoré les tables de fête de Marseille et du département pendant près de 40 ans.

Nouchig a baissé le rideau au 45 rue Vacon. (©Fabien Binacchi / actu Marseille)
« Depuis que nous avons annoncé la fermeture, on reçoit énormément de mots très gentils », glisse encore Frédéric Zamatian. « La semaine dernière, nous avons eu une cliente un peu particulière, le coupe son épouse. Elle nous a dit ‘en 1990, je suis venue chez vous pour la décoration de mon mariage et aujourd’hui c’est pour le baptême de mon arrière-petit-fils que je suis là, j’ai fait l’ouverture et la fermeture’, c’est très touchant. »
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Sur les réseaux sociaux de Nouchig, les commentaires sont à l’avenant. « Vous avez fait partie de nos vies, participant à tous les événements importants qui les ont jalonnés… Merci pour vos sourires, vos conseils, la qualité de vos produits ! » écrit Cécile. Audrey, elle, salue une « entreprise familiale modèle ». « Une institution ferme ses portes, laissant derrière elle beaucoup de beaux souvenirs. Vous nous avez régalés », témoigne-t-elle.
Une chocolaterie à la place
« On part d’une très belle manière. Le magasin marche très bien. On est sur un secteur de niche. On risque de manquer. Mais on a assez donné. Maintenant, on a des petits enfants dont il faut qu’on s’occupe », lâchent les époux Zamatian. Depuis deux ans, ils s’étaient mis en tête de trouver une « belle maison, bien installée » pour les succéder.
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Une rencontre a finalement tout précipité. D’ici quelques mois, ce sont d’autres gourmands qui prendront le 45 Vacon. La chocolaterie La Baleine à cabosse, déjà installée rue Paradis, y établira son deuxième point de vente. « Ils vont de la torréfaction de la fève de cacao au produit fini. Tout se fera ici. C’est formidable », sourit Frédéric.
Un passage de flambeau idéal pour les deux néo-retraités. Sans rien dénaturer. Les remplaçants expliquent même qu’« une partie de la gamme emblématique de dragées Nouchig continuera d’y être proposée, pour faire vivre cet héritage ».
Rendez-vous, pour le découvrir, a priori, à la fin de l’été.
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