L’Allemagne résiste farouchement à l’offre de rachat de la Commerzbank par UniCredit. Cependant, cette ligne de défense met en lumière un problème bien plus vaste sur le marché bancaire allemand. Dans le classement des plus grandes banques mondiales, l’Allemagne accuse un retard. La raison première réside dans un concept que tout guichetier maîtrise: les économies d’échelle.

Actuellement, 1254 institutions bancaires opèrent en Allemagne. En raison du système allemand archaïque du XIXe siècle, 984 d’entre elles sont de petites banques de type Sparkassen, Volksbanken ou Raiffeisenbanken. Ayant l’interdiction de s’étendre en dehors de leur région, elles se contentent d’une clientèle restreinte et s’avèrent incapables de générer des bénéfices attrayants. Par exemple, seules 32 des 339 Sparkassen affichent un total du bilan supérieur à 10 milliards d’euros. A titre de comparaison, la Schaffhauser Kantonalbank présente un total du bilan de 10,6 milliards de francs. Ces banques ploient sous des coûts redondants, sans que personne ne les pousse parfois à les réduire, et peinent à lever des capitaux; de plus, si elles n’en ont pas la volonté, rien ne les contraint à innover.