Comme chaque année, l’Apec – Association pour l’Emploi des Cadres – publie son enquête sur les recrutements de cadres. Menée du 12 novembre dernier au 30 janvier 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 613 établissements privés de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, elle souligne, pour la deuxième année consécutive, le ralentissement en 2025 du marché de l’emploi cadre dans la région : -6 % avec 18 100 recrutements. Paca-Corse représente 7 % des 294 500 cadres recrutés en 2025 au national (-3 % par rapport à 2024).

Pourquoi cette baisse ? Julie Roynette, responsable de centre Apec Paca-Corse à Nice, et Anouchka Coadou, consultante entreprises, d’élaborer. « Parce que l’industrie et les services à forte valeur ajoutée comme l’informatique, l’ingénierie-R&D, conseil…), traditionnellement moteurs de l’emploi cadre privé, sont pénalisés par l’atonie des investissements. » Lesquels sont liés aux instabilités politiques et tensions géopolitiques.

La baisse impacte aussi les jeunes cadres de 5 ans d’expérience ou moins « qui sont, dans ce contexte attentiste, la première variable d’ajustement ; les dirigeants préfèrent recruter des profils hybrides, multicompétences », ce qui explique la moyenne d’âge de 43 ans des cadres du privé (41 ans au national).

Economie régionale résiliente

Attention, souligne la responsable azuréenne, « On n’est pas dans une crise mais dans une économie qui hésite, précise-t-elle, les entreprises sont prudentes. » La preuve, l’emploi cadre a continué à créer des postes : 3 240 en 2025, un chiffre en baisse par rapport à 2024 (3 400), à 22 % dans la R&D. Malgré tout, l’économie régionale reste résiliente.

Pour 2026, l’étude de l’Apec a anticipé en Paca et Corse une augmentation de 4 % des embauches, à 18 800 recrutements, en majorité dans les entreprises de services à forte valeur ajoutée (49 %) et dans les autres services (23 %), l’industrie (13 %), le commerce (9 %) et la construction (6 %).

Toutefois, cette reprise est tributaire du contexte géopolitique et économique. La guerre au Moyen-Orient risquant de déboucher sur un nouveau choc pétrolier et la réduction du déficit public freinant toujours l’investissement des entreprises.