La brique de verre, un ancien « tabou du design » qui revient en force

À la fin du XIXe siècle apparaissent les premières briques de verre, alors fabriquées à la main. Dans les années 1880, l’architecte suisse Gustave Falconnier met au point certaines des premières « lentilles de verre », appréciées pour leur capacité à réguler le climat intérieur et à préserver l’intimité sans priver les pièces de lumière. Leur esthétique industrielle est rapidement adoptée par des architectes internationaux, comme Le Corbusier ou Bruno Taut. Il suffit de penser à la « Maison de verre » de Pierre Chareau à Paris, aujourd’hui devenue un lieu de pèlerinage pour les amateurs d’architecture, ou encore à la « Ishihara House », construite par Tadao Ando à Osaka en 1978. Dans les années 1970 et 1980, la brique de verre devient une véritable tendance, s’imposant dans les lofts modernes et les salles de bains postmodernes. Elle est également très prisée pour les façades et les cloisons des cages d’escalier.

La façade sur cour de la Maison de verre claire de lintrieur photographie vers 1990. Le clèbre difice subsiste encore.

La façade sur cour de la Maison de verre, éclairée de l’intérieur, photographiée vers 1990. Le célèbre édifice subsiste encore.

© Archives Evelyn Hofer

Son déclin s’amorce à la fin des années 1990 et au début des années 2000, lorsqu’elle se voit associée à un imaginaire désormais daté, davantage commercial que véritablement contemporain. Dans le même temps, l’essor d’intérieurs plus minimalistes, sobres et neutres contribue à la reléguer au second plan, une mise à distance renforcée par l’image d’un matériau jugé froid et difficile à intégrer avec élégance. Mais comme c’est souvent le cas, le temps a joué en sa faveur : aujourd’hui, elle est désormais réinterprétée sous un angle plus raffiné, associée à des palettes douces, des matériaux nobles et des formes organiques.

La nouvelle obsession des architectes d’intérieur

Il existe de nombreux matériaux qui ne disparaissent jamais vraiment ; ils attendent simplement leur heure de gloire. Les briques de verre en font partie. Symbole de modernité dans les seventies, elles réapparaissent aujourd’hui dans l’architecture d’intérieur, tantôt laissées apparentes, tantôt intégrées de manière inédite au décor. Initialement réservées à la salle de bains (où elles trouvent toujours parfaitement leur place), elles s’invitent désormais dans toute la maison, du salon à la cuisine, dans des versions plus audacieuses, voire colorées.