Nathan Dos Reis Graca tient son premier succès en Elite. Surtout connu jusque-là pour ses performances l’hiver dans les sous-bois, l’Auvergnat de 21 ans a remporté Bordeaux-Saintes dimanche dernier. Le coureur du Team Atria-Clermont-Ferrand, qui entame sa dernière saison chez les Espoirs, est revenu pour DirectVelo sur son succès et confie ses nouvelles ambitions.

DirectVelo : Que représente ton succès lors de Bordeaux-Saintes ?
Nathan Dos Reis Graca : C’est ma première victoire en Élite, pour ma deuxième saison consacrée à la route. Avant, je ne faisais que du VTT. Je ne connaissais pas du tout cette course, nous ne l’avions pas faite l’année dernière. C’est une très belle épreuve, difficile. Ça fait donc plaisir de la remporter.

« JE ME SUIS SURPRIS »

Comment as-tu construit ta victoire ?
Il y avait 170 bornes au programme. J’ai pris l’échappée de 22 coureurs partie au bout d’une heure et demie de course. On a eu jusqu’à quatre minutes d’avance. En rentrant sur le circuit final, on n’avait plus qu’une minute. La course a ensuite été neutralisée à la suite d’une grosse chute dans le peloton. Ils nous ont ensuite fait repartir avec notre minute d’avance. Le groupe s’entendait super bien. Dans une cuvette, j’ai suivi l’attaque d’un coureur. Je me suis retrouvé devant avec deux frères (Kévin et Vincent Arhie, NDLR). Ça s’est bien entendu. Sur le circuit final, on s’est retrouvés à deux (avec Kévin Arhie, NDLR). 

Comment as-tu géré ton sprint ?
J’ai été assez surpris qu’il ait lancé tôt. C’était un sprint assez long mais qui me convenait plutôt bien. Sur ce genre d’efforts, surtout en fin de course, je sais que je suis assez puissant, donc ça l’a fait. Bordeaux-Saintes était seulement ma quatrième course sur route de l’année, donc je suis content de scorer dès le début de saison. J’ai aussi terminé 4e de la Classique Jean-Paul Taillon. L’année dernière, j’étais encore Open 1, j’avais remporté deux ou trois courses. Cette année, j’ai passé le palier au-dessus en rejoignant la catégorie Élite.

Est-ce que tu t’attendais à marcher aussi bien ?
Je me suis bien préparé mais de là à concrétiser à Bordeaux-Saintes… Je ne m’y attendais pas. J’irai même jusqu’à dire que je me suis surpris. J’ai terminé la course de 170 kilomètres en étant évidemment fatigué, mais s’il y avait un peu plus de distance, ça ne m’aurait pas dérangé. Il me manque du rythme par rapport aux coureurs qui ont repris plus tôt les courses. Mais grâce à ma fin de saison de cyclo-cross, j’étais bien sur le circuit final, avec des bosses courtes, tout en explosivité.

« POURQUOI PAS RÉDUIRE LE CYCLO-CROSS »

Quelle importance donnes-tu à la route désormais ?
Dans les années à venir, je prendrai plus de temps pour la route. Si j’arrive à bien marcher et gagner de belles courses, pourquoi pas réduire le cyclo-cross pour me consacrer davantage à la route. Mais je compte garder le cross l’hiver prochain.

Quel type de coureur penses-tu être sur la route ?
Ce n’est pas évident à dire (sourire). Je sais que j’ai une belle pointe de vitesse en petit comité. Je me débrouille bien dans une arrivée massive mais je ne suis pas le plus à l’aise non plus. En fait, j’aime tout faire, rouler, sprinter, grimper… Le cyclo-cross aide à être tout terrain avec les départs en explosivité, la sortie des virages, la technique et la courte durée des courses par rapport à de la route, ça m’aide à être plus rapide sur un effort court, type sprint. C’est pour cela que je veux quand même garder un peu de cross l’hiver prochain.

As-tu coché des courses pour cette saison ?
J’aimerais participer à l’Alpes Isère Tour que j’ai coché. Il y a également le Tour du Beaujolais, le Tour du Pays Roannais et les deux Championnats de France, Espoirs et Élites. Ce sont de belles courses, j’espère y répondre présent pour montrer que je suis en forme.