Par
Nicolas Stival
Publié le
3 avr. 2026 à 17h02
La liaison ferroviaire entre Barcelone et Toulouse par la compagnie espagnole Renfe a décidément du plomb dans l’aile. Une étude sur sa faisabilité avait été annoncée en juin 2023 par la Renfe. Fin 2024, l’affaire semblait sur les rails d’après la compagnie ferroviaire, pour un démarrage au printemps suivant. Dans la foulée, des trains de la Renfe avaient même recommencé à circuler à la gare Matabiau, cinq ans après la suspension en plein Covid de la liaison lancée fin 2013 sans rencontrer son public. La ligne avait été définitivement arrêtée en 2022.
Un projet suspendu depuis le printemps 2025
Le nouveau projet avait été suspendu au printemps 2025, pour des problèmes d’homologation du matériel roulant, selon la compagnie espagnole. Celle-ci évoquait des « difficultés » dans le « déploiement de son offre de services à grande vitesse en France » et disait avoir « engagé un processus d’analyse et de réflexion sur sa stratégie globale dans ce pays ».
En mars 2025, le maire de la Ville rose Jean-Luc Moudenc avait indiqué à Actu Toulouse : « La Renfe doit respecter ses engagements ! ». En mars 2023 à Barcelone, il avait paraphé une lettre commune adressée aux présidents de la SNCF et de la Renfe avec Ernest Maragall, vice-président de l’aire métropolitaine de Barcelone pour demander la réouverture de la liaison ferroviaire directe entre les deux villes.
La liaison Espagne-Paris également suspendue
En ce début avril 2026, la possibilité de relier de nouveau la capitale catalane à son homologue occitane en 3h15 environ n’a jamais paru aussi lointaine.
Ce mercredi 1er avril, la compagnie espagnole a annoncé qu’elle suspendait un autre grand projet, la liaison entre l’Espagne et Paris, qui devait initialement aboutir en 2024. Au cœur du problème, toujours l’absence d’homologations de ses trains.
La Renfe fâchée contre les autorités françaises
« Comme nous ne pouvons pas établir d’horizon stable, nous avons retiré la réservation des sillons d’exploitation », c’est-à-dire les créneaux d’autorisation de circulation sur le réseau ferré, du projet de ligne à grande vitesse (LGV) reliant l’Espagne à Paris, ainsi que les sillons entre Paris et Lyon, a indiqué la Renfe.
Le groupe espagnol est engagé depuis plusieurs années dans un bras de fer avec les autorités ferroviaires françaises. Il maintient toutefois ses lignes déjà existantes jusqu’à Lyon et Marseille (depuis 2023, un train par jour pour chaque ligne) et dit « vouloir reprendre le projet quand les conditions techniques et opérationnelles le permettront ».
Les élections municipales 2026
Suivez toutes les actualités des municipales 2026 dans une seule newsletter.
Un manque de « réciprocité » dénoncé
La Renfe, qui souhaitait faire du marché français un tremplin pour son internationalisation, a mis en cause à plusieurs reprises les autorités ferroviaires françaises, accusées de freiner l’arrivée des trains espagnols pour protéger la SNCF face à la concurrence européenne.
Madrid s’est plainte à plusieurs reprises d’un manque de « réciprocité » alors que la SNCF exploite plusieurs lignes ferroviaires sur le marché espagnol, via sa filiale Ouigo, depuis 2021. Ces trains à bas coûts desservent notamment Barcelone, Valence, Alicante, Valladolid et l’Andalousie.
Avec AFP
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.