On voulait prendre une seconde pour vous remercier très chaleureusement pour votre engagement ces dernières semaines, c’est vraiment de la folie, se réjouissent Juliette et Thomas, les parents d’Élio, Niçois de 4 ans atteint de leucémie, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux ce vendredi 3 avril.

Mi-mars, ils ont lancé un appel au don de moelle osseuse (ouvert aux personnes de 18 à 35 ans), pour sauver leur fils, et d’autres personnes en attente d’un donneur compatible pour une greffe. Leur message, relayé par plusieurs personnalités, dont Emmanuel Macron, Olivier Giroux et Teddy Riner, a provoqué une vague de préinscriptions sur le site de l’Agence de la biomédecine.

45 000 personnes ont demandé à s’inscrire sur le registre depuis l’appel au don mi mars, indique le Dr Catherine Faucher, hématologue et directrice du prélèvement et de la greffe de moelle osseuse à l’Agence de la biomédecine. D’habitude, on a 2 000 demandes par mois. 

Des chiffres réjouissants, mais qu’il faut tempérer. En se basant sur les précédents appels au don, la médecin observe que beaucoup de personnes demandent à s’inscrire sous le coup de l’émotion, mais en général moins de la moitié va au bout de la démarche et renvoie le kit salivaire ».Cette étape est pourtant indispensable pour enregistrer sa carte d’identité génétique et rejoindre la liste des donneurs potentiels, ou « veilleurs de vie ».

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Jonathan Sablé, administrateur au sein de l’association rennaise « Réveille ta moelle », rappelle que le don de moelle osseuse est un acte engageant, qui nécessite de bien réfléchir en amont. Car contrairement au don du sang, le don de moelle osseuse n’est pas immédiat. Une fois inscrit sur le registre, on peut être appelé pour faire le prélèvement de moelle osseuse cinq ans, dix ans après, parfois jamais.

Prioriser l’envoi des kits

Pour faire face à ce raz-de-marée de préinscriptions, l’Agence de biomédecine va prioriser l’envoi de kits salivaires aux jeunes de 18 à 25 ans, pour lesquels le greffon donne une meilleure survie post-greffe , indique le Dr Catherine Faucher, ainsi que les hommes, car les femmes développent toutes à chaque grossesse des anticorps qui peuvent compliquer les suites de la greffe, précise-t-elle.

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Ces profils recherchés sont minoritaires parmi les répondants à l’appel lancé par les parents d’Élio. Il nous manque vraiment des hommes, indiquent ils. 85 % des préinscrits suite à l’appel sont des femmes, confirme le Dr Catherine Faucher, et seulement un tiers est âgé de 18 à 25 ans.

Pour mieux toucher les jeunes, Jonathan Sablé de « Réveille ta moelle » suggère de davantage parler du don de moelle osseuse dans les collèges, les lycées et les universités, afin de toucher ce public cible tout au long de l’année, et pas seulement lors d’appels aux dons.