La pratique est connue des Alsaciens qui ont leurs habitudes dans les stations-service allemandes. Jusqu’à présent, le prix des carburants variait plusieurs fois par jour. L’automobile club allemand a dénombré jusqu’au chiffre record de 50 fluctuations par jour. En règle générale, l’essence était la moins chère peu avant midi et en fin d’après-midi vers 18 h. Mais depuis le 1er  avril, cette pratique est interdite ! Le gouvernement fédéral n’autorise plus qu’une seule variation du prix, chaque jour à midi.

Berlin dit ainsi vouloir garantir une meilleure stabilité des tarifs dans un contexte de hausse vertigineuse des prix à la pompe en raison de la guerre au Moyen-Orient. Cette mesure était toutefois déjà réclamée bien avant le début du conflit en Iran par les associations de consommateurs et d’automobilistes allemands, car elles dénonçaient un manque de lisibilité des prix et accusaient les compagnies pétrolières de s’entendre illégalement sur les niveaux de prix. L’idée était donc déjà dans les tuyaux.

L’exemple autrichien

Et, visiblement, Berlin n’attendait que le retour d’expérience de Vienne pour embrayer. En effet, l’Autriche, qui autorisait aussi ces fluctuations quotidiennes, y a mis fin début mars. En Autriche, les hausses du prix à la pompe n’interviennent désormais que trois fois par semaine. En revanche, des baisses de tarifs sont possibles à tout moment.

Les automobiles clubs de la république alpine ont admis avoir constaté depuis une stabilisation et une légère baisse des prix des carburants, mais soulignent que ces tarifs sont restés à un niveau élevé. Ces associations disent n’avoir pas observé une « guerre des prix à la baisse entre compagnies » pour attirer les consommateurs. Toujours selon les associations d’automobilistes d’Autriche, le moment le plus avantageux pour faire le plein se situe juste avant midi, lorsque la fréquentation est au plus bas.

Les consommateurs circonspects

Côté allemand, la mesure est accueillie avec circonspection par les consommateurs et les professionnels de la branche. Les représentants des compagnies pétrolières critiquent le manque de recul de l’expérience autrichienne. Les automobiles clubs et les fédérations de pompistes, eux, doutent beaucoup que les majors pétroliers ne se lancent dans une concurrence tarifaire de nature à vraiment freiner l’augmentation des prix de l’essence.

Et les faits semblent leur donner raison. Mercredi 1er  avril, date à laquelle est entrée en vigueur la nouvelle réglementation, le prix des carburants a bondi à midi, heure à laquelle la variation à la hausse est autorisée. Selon les chiffres de l’automobile club allemand, ce jour-là, à midi, le prix du litre de super sans plomb E 10 a pris 7,6 centimes de plus et coûtait 2,17 € ; celui du litre de gasoil a augmenté de 7,5 centimes pour atteindre 2,37 €. Ces chiffres sont des moyennes calculées au niveau fédéral, il se peut donc que dans certains endroits, ils soient même plus élevés.

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